Guerriers des ténèbres

Posted in Cinéma, Conscientisation avec des tags , , , , , , , , , , on décembre 4, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Dans les ombres de l’Histoire sont tapies bon nombre de mystères, de reliques sacrées, de créatures fantaisistes et d’êtres de légendes. Bien que bardes, scribes et historiens en tout genre propagent au mieux de leurs compétences et leurs intérêts les événements du passé, certains persistent, d’autres se perdent. Il arrive tout de même souvent que, comme pour les vikings, l’Histoire côtoie le mythe, ce dernier faisant invariablement partie de la croyance populaire tandis que les faits ne sont accessibles qu’aux érudits, ne serais-ce parce que cette réalité est parfois trop fade et/ou anodine pour un peuple assoiffé de sensationnalisme. C’est ainsi que les guerriers « shinobi », ces mercenaires du Japon médiéval, réputés entre autre pour l’espionnage et l’assassinat, devinrent éventuellement les ninjas d’aujourd’hui; artistes martiaux masqués aux aptitudes  surhumaines, maîtres des ombres et sanglants meurtriers tout de noir vêtus. C’est d’ailleurs de cette vision fantastique que se sont inspirés les créateurs du film Ninja Assassin dont je ferai maintenant l’éloge.

Ninja Scroll

Ninja Scroll

Fortement inspiré des populaires dessins animés japonais en ce qui a trait à la violence et aux manifestations sanguines, le tout est toutefois enrobé d’un contexte typiquement hollywoodien. C’est ainsi que se déroule un récit martial épique, alimenté par la vengeance et la haine, dans lequel interviennent la « minorité ethnique » empreinte de bonne volonté et le bon policier aux intentions parfois douteuses qui cherche à comprendre, circonspect, la nature des péripéties qui ont court dans une société contemporaine où le terme « ninja » ne cadre que trop mal dans une conversation sérieuse. En dépit des réactions improbables ou des manifestations explicites de compétences insoupçonnées, ce long-métrage ne s’adresse pas amateurs de films de répertoire et d’histoires complexes à haute teneur en philosophie mais plutôt aux adeptes d’action, d’arts martiaux et de brutalité excessive, le tout ne pouvant faire autrement que d’offrir un divertissement de qualité.

Cette image est un bel exemple de ninja en position de combat, en pleine maîtrise de son art, s'apprêtant à égorger sa proie.

Ninja

À l’instar de tous les autres films de ce monde dont le titre inclue le mot « ninja », ce sont les scènes de combat qui donnent à l’histoire son rythme et qui justifie l’ingestion mécanique d’une grande quantité de maïs soufflé. La différence majeure entre Ninja Assassin et les autres sagas du même acabit provient néanmoins de son approche des affrontements en question. Tandis que le ninja moyen se contente souvent de n’être qu’une brute agile dont l’essence ne réside essentiellement que dans son apparence, ceux de Ninja Assassin exploitent les ombres, s’y fondent et n’en sortent que pour porter des coups fatals. Organisation ancestrale et traditionnaliste, le Clan est sans pitié et ne forme que des machines à tuer aux dons mystiques acquis à travers un entraînement rigoureux et des techniques secrètes immémoriales. C’est donc en étant fidèles à ce concept que plusieurs scènes sont volontairement très sombres et que seule brille l’éclat des lames avant que ne jaillisse le sang et que s’écroule la victime dont le regard vide ne reflète encore que l’ignorance de la tragédie. Ce n’est pratiquement que lorsque les vils ninjas s’attaquent au personnage principal, traître à sa Famille, que l’excès se manifeste plus clairement puisqu’il ne s’agit pas que de laisser périr impunément quelques figurants. Ces affrontements jouissent donc de chorégraphies spectaculaires alors que s’harmonisent dans une danse macabre les corps surentraînés des instigateurs de l’inévitable trépas qui agrémentent leur affrontement mortel de passes d’armes fabuleuses, maîtrisant à la perfection les lames acérées, que ce soit sous forme d’épée ou au bout d’une longue chaîne, le tout sous une pluie de « shaken », cette étoile aux quatre pointes affilées mieux connue sous le nom, à tort, de « shuriken ».

Ce survol du film Ninja Assassin n’est finalement pas une critique en soi, ne serais-ce que parce que l’histoire en soi n’a été qu’effleurée, mais plutôt une analyse des facteurs psychologiques qui sont à la source du sentiment de bien-être qu’octroie le visionnement de ce carnage audio-visuel. Il ne s’agit subséquemment pas de ne visionner qu’un film et d’en décortiquer les différents aspects pour bien en comprendre les fondements et les critiquer distinctement mais plutôt d’en considérer la globalité en s’efforçant de concevoir que le but ultime de cette tentative de pertinence qui fait office de mortier aux briques de la mutilation vengeresse n’est en fait qu’un amalgame insignifiant de facteurs clés relatifs à la diffusion à grande échelle de ces troublantes images à saveur asiatique. Le public a manifestement le droit d’être exigeant lorsqu’il paie pour un produit mais il se doit de réaliser qu’une œuvre cinématographique ne suscitant pas la participation du cerveau n’en est pas une mauvaise pour autant.

On y retrouve plus de sang que dans la Bible.

Les suceurs de sang

Posted in Bande dessinée, Cinéma, Conscientisation, Jeunesse corrompue, Sexualité, Société contemporaine, Télévision avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , on novembre 26, 2009 by DarK Rémi oF DooM

L’Homme éprouve, par nature, un certain plaisir à entretenir la peur, SA peur. Bien que nul n’éprouve le désir d’être confronté à une situation perturbante, tragique ou horrifique, plusieurs apprécient la culture du mystère et de l’épouvante. C’est ainsi que, généralement à la nuit tombée, les craquements anodins deviennent sinistres et prennent la forme de voleurs téméraires, d’animaux sauvages ou de monstres sanguinaires. Les histoires, contes et légendes abondent et l’esprit humain, aussi malléable que l’argile, donne vie à l’impossible en entretenant l’improbable et l’impossible en toute connaissance de cause. Créatures des marais, esprits frappeurs, extra-terrestres et loups-garous sont donc les vedettes de fantastiques tragédies et sont ensuite amenées au petit écran par les adeptes de l’horreur et de la science-fiction. Certaines bêtes sont toutefois, bien que rarement et pour des raisons obscures (et/ou commerciales), dédiabolisées.  C’est le cas du vampire qui, comme vous avez probablement pu le constater, a récemment développé des caractéristiques elfiques.

Un autre bel exemple comme quoi on ne choisit pas sa famille.

"Évolution"

Bien que le célèbre film Entretien avec un vampire, basé sur l’œuvre de la désaxée notoire Anne Rice, fut un précurseur de la sexualisation vampirique (blâmons Brad Pitt), ce n’est qu’aujourd’hui que nous « profitons » pleinement du phénomène tandis que la jeune femme contemporaine jette son dévolu sur les froids seigneurs de la nuit. Le sombre prédateur aux crocs acérés et à la mine acerbe se voit ainsi affublé du rôle de mâle dominant, bourreau des cœurs et réchauffeur du lit de ces dames. Crions ensemble à la nécrophilie! Mais que s’est-il donc passé entre le Dracula de Christopher Lee et le Edward Cullen de celui qui n’a point fait de vagues dans le rôle de Cedric Diggory?

Véhicule récapitulatif

Véhicule récapitulatif

Utilisant le cinéma comme véhicule récapitulatif, ce médium étant le principal responsable de l’évolution (ou de la dégradation, selon le cas) des classiques de l’horreur, je remonterai donc jusqu’en 1922 avec le film culte Nosferatu. Que l’on ait écouté ou non cet antique long-métrage, l’image du Comte Graf Orlock est devenue légendaire en dépeignant le mort-vivant comme étant répugnant, très théâtral dans sa démarche en agitant ses longs doigts crochus tandis que son visage blême et hideux était encadré d’oreilles pointues et surmonté d’un crâne lisse. Une telle image ne laisse certes aucun doute quant à la nature diabolique de cet être d’outre-tombe et n’a probablement suscité que peu de gémissements de plaisir en dehors des asiles. Ce n’est qu’un peu plus tard, en 1931, que fut popularisée l’image stéréotypée du vampire populaire aux vêtements classiques et à la cape noire doublée de rouge vif à travers le film Dracula, ce personnage prenant le visage de l’acteur Bela Lugosi, figure emblématique de l’horreur, puis de Christopher Lee en 1958. Bon nombre d’acteurs ont certes partagé le costume traditionnel du vampire dont le Comte Dracula est l’émissaire le plus connu mais ces acteurs furent, à mon humble avis, particulièrement marquants.

Mordicus

Mordicus

Encore aujourd’hui subsiste la tradition et, bien que l’emballage puisse changer, le produit demeure le même puisque que le Dracula contemporain est un monstre ignoble sous le couvert d’un gentilhomme. Démarche artistique oblige, d’autres auteurs ont bien sûr amené des visions différemment cauchemardesques des buveurs d’hémoglobine et plusieurs ont tenté de donner un nouveau souffle au monstre qui demeura presque inchangé pendant des décennies. Que ce soit dans les films, les romans, les bandes dessinées ou les jeux de rôle, la définition du terme « vampire » muta et, à l’instar de la courbe évolutive de l’être humain, s’élargit et se sépara en un nombre impressionnant d’interprétations, de variable et de possibilités. Des entités entièrement monstrueuses aux jeunes rebelles violents en passant par les pseudo-zombies et la strige en tentant de ne pas penser à Buffy, le vampire laissa derrière lui les autres rejetons de l’horreur pour se dévoiler au grand jour et devenir un sex-symbol.

En y repensant bien, il y a plusieurs années que le vice s’installe mais rien n’aurait pu me préparer à une caricature de cette ampleur. Tel que mentionné précédemment, Entretien avec un vampire a abordé le sujet d’un point de vue plus « humain » et nous a offert une belle brochette d’acteurs à en faire saliver les jeunes dames. Le statut des dits acteurs transcendait toutefois l’image globale de l’homme aux canines proéminentes mais le concept général du cannibale immortel était tout de même attendri. On vit ensuite apparaître bon nombre de chasseurs de vampires, puis des vampires qui marchent le jour, des vampires qui ne s’enfoncent pas dans la neige et des vampires de l’espace mais le summum de l’originalité revient sans doute au vampire qui brille le jour.

"C'était une erreur de lui offrir une poupée à Noël." se dit-il.

Vampire découragé

On opte donc, aujourd’hui, pour des vampires sentimentaux victimes d’une tristesse infinie n’ayant d’égale que la lassitude que leur procure l’immortalité dont ils sont affublés tandis qu’ils tentent affectueusement de faire fi de leur sombre nature afin de réchauffer leur défunte carcasse grâce à l’amour et la tendresse des vivants sans songer aux conséquences émotivement éprouvantes et dignes d’un toupet en plein visage du flétrissement inévitable de l’élu(e) de leur cœur qui, par souci de la subsistance d’une humanité qui leur est chère mais dont les autres porteurs n’en sont que moins excitants, refuseront invariablement de s’abandonner au péché mortel de l’éternel tourment et se contenteront de nourrir les flammes affamées d’une relation torride mais houleuse à travers laquelle surviendront mille dangers que nul(le) ne saurait tolérer au nom de l’amour. Que l’on m’enfonce un pieu aiguisé dans le cœur et que l’on m’expose à la lumière du soleil!

Loin de moi l’idée de dénigrer la déchéance actuelle de la culture vampirique ni même de blâmer les jeunes dames de ce monde qui, alors qu’elles dénigraient les vibrateurs en métal hier, voudrait s’accoupler avec un vampire demain mais je crois que l’aura d’effroi qui entourait le fétichiste du cou est désormais souillée par la marque indélébile de la romance adolescente et la superficialité. Bien que la célèbre série télévisée américaine True Blood démontre une approche plus mature du sujet (quelle excellente série), c’est la saga Twilight qui engendre le suicide imminent des gothiques de ce monde. Qui plus est, bien que le statut de Frankenstein ne soit pas en jeu, le loup-garou suit de près le Jesse James de la banque de sang et, si la tendance se maintient, je soupçonne que nous aurons bientôt droit à des scènes homo-érotiques de sexe interracial entre ces deux icônes maudites et c’est ce jour là que le calendrier maya a prédit.

Les cheminées humaines

Posted in Actualité, Conscientisation, Placement de produits, Société contemporaine, Tranche de vie avec des tags , , , , , , , , , on novembre 3, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Dans un monde en perpétuel changement et à travers lequel « conscientisation » rime avec « paranoïa », nous sommes régulièrement confrontés à divers problèmes de société essentiellement relatifs au domaine de la santé. Tandis que les pommes deviennent cancérigènes, que les réfrigérateurs contribuent au réchauffement de la planète et que les arbres transmettent le SIDA (maudits soyez-vous, dendrophiles!), nous devons incessamment être à l’affut des plus récentes découvertes scientifiques et médicales afin de préserver notre santé et d’éviter une mort atroce et purulente. Parmi les différentes causes du malheur collectif, il en est une qui est désormais bien connue: le tabagisme. Ses effets néfastes sont prouvés, la loi le condamne et les notions de base du respect voudraient que l’on évite de le propager mais ce fléau persiste tout de même.

Brutal marteau

Brutal marteau

Cette hostile constatation, si soudainement manifestée, est directement liée à un événement qui a bouleversé ma vie en ce premier novembre 2009, un dimanche apparemment comme les autres, alors que mon seul désir était de bénéficier d’un suprême spectacle du groupe légendaire qu’est Metallica. Le Colisée Pepsi étant propice à une telle activité, je profitais d’un siège au confort discutable mais à la situation géographique tout-à-fait adéquate et il me tardait de hurler avec joie les paroles des chansons culte qui allaient se succéder au courant de la soirée. Tout était parfait jusqu’à ce que je sois forcé de constater que les deux individus situés justement devant moi consumaient les cigarettes aussi sûrement qu’une chaîne de montage performante aurait pu leur propulser en pleine visage. Non seulement mon gaminet de Mercyful Fate était-il voué à s’imprégner de l’odeur du pestilentiel tabac mais ce sont mes yeux et ma gorge qui allaient subir les assauts répétés de la fumée sous les yeux ébahis d’un agent de sécurité inapte et de l’affiche d’interdiction de fumer. Comment espérer raisonner avec un homme portant un chandail orné d’un aigle et d’une moto « chopper »? À coups de marteau Dead On, sans doute, mais les lieux n’étaient pas propices à une telle discussion.

Bien que je démontre ici beaucoup de hargne, il faut tout de même savoir que je ne suis pas le bourreau des fumeurs et que j’estime que chaque individu a le droit de nuire à sa santé comme il lui plait. En ce qui me concerne, je préfère la nourriture malsaine et l’alcool mais je crois qu’il est tout-à-fait légitime de préférer souiller ses poumons. Le problème réside plutôt dans les habitudes de consommation de ces malotrus et de leur intervention directement nocive dans mon mode de vie. Lorsque des adeptes de la cigarette décident d’allumer l’outil de leur vice en public, ils nuisent non seulement à mon bien-être mais aussi à ma santé, sans oublier mes vêtements et mon humeur. C’est un peu comme si je buvais de la bière de piètre qualité et que je la régurgitais immédiatement au visage de mes voisins en quantité quatre fois plus grande que ce que j’ai moi-même assimilé tout en m’assurant d’affecter les systèmes digestifs et respiratoires de mes convives, le tout dans l’illégalité et en m’assurant de ne prendre aucune pause pendant les 5 heures que dure l’événement auquel je participe. Voilà qui serait fort désagréable.

Bâtonnets de bonbon

Bâtonnets de bonbon

Tandis que les consommateurs des produits du tabac s’insurgent et s’estiment brimés, même les Cigarettes Popeye se sont dissociées du mouvement en se rebaptisant Bâtonnets de Bonbon. N’est-ce pas un signe suffisant? Comme dans toutes les situations où des individus sont brimés tels que ceux qui veulent acheter de la bière à 23h19, les différents toxicomanes, les prostituées et les exhibitionnistes, tous veulent pouvoir profiter de leur hobby sans prendre en considération l’impact qu’ils peuvent avoir sur leur environnement. Le manque de respect inhérent à la société nord-américaine contemporaine est, je crois directement liée à cette incapacité qu’ont les gens à prendre en considération le bien-être d’autrui et en ne tenant compte que de l’impact qu’a leur geste sur leur propre personne. Je profite certes de cette tranche de vie afin de déverser impunément mon fiel sur ce tabac que j’exècre depuis si longtemps mais ce n’est tout de même qu’un exemple commun qui me permet de bien illustrer une problématique beaucoup plus large.

Bistrot du Fjord

Bistrot du Fjord

Dans un monde qui tend à prôner l’ouverture d’esprit, à encourager la différence et à favoriser la tolérance globale, on constate des manques de respect de plus en plus flagrants sous le couvert de l’individualité, de l’ignorance ou du droit acquis, les fautifs allant même souvent jusqu’à plaider leur droit à la liberté juste avant de brimer celle des autres. J’encourage fortement la populace à omettre de ramasser les excréments du chien, à consommer des stupéfiants, à chanter « Bobépine » au karaoké du Bistrot du Fjord ou même à se masturber dans les souliers de la voisine en écoutant des chants de baleines si c’est ce qui lui fait plaisir mais il est toujours crucial de savoir se mettre dans les chaussures (HA HA!) des gens qui nous entourent avant de s’adonner à de tels actes proscrits car les répercussions peuvent être dévastatrices. Vraiment.

Répercussion

Répercussion dévastatrice

Anarchistes chrétiens

Posted in Actualité, Conscientisation, Jeunesse corrompue, Société contemporaine, Tranche de vie avec des tags , , , , , on octobre 26, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Outre le pillage, la pyromanie et la danse contemporaine, j’entretiens quelques passe-temps relaxant tels que le chant guttural. Ce hobby anodin m’amène donc, accompagné de mon joyeux orchestre, à visiter des lieux douteux et inconnus du commun des mortels afin de faire bénéficier à une horde de voyous chevelus d’hymnes violents et haineux agrémentés de propos généralement humoristiques baignant dans l’hérésie et le sarcasme. Les adeptes de sombre métal mortuaire sont d’ailleurs familiers avec ces pratiques et encouragent parfois d’ailleurs certaines pratiques fort peu recommandables. Pour le reste, mes élans théâtraux suffisent généralement à convaincre les parents récalcitrants et autres non-initiés du bien-fondé de ma démarche et de la pertinence de mes propos. Ceci dit, il existe en ce monde troublé des gens dotés d’une importante étroitesse d’esprit et/ou d’une incapacité à percevoir la vérité au-delà du premier niveau.

C’est ainsi que, en cette froide et venteuse soirée du 24 octobre 2009, j’ai été victime de l’un de ces êtres perturbés entre tous qui a cru me faire bénéficier de sa sagesse ainsi que de sa bonne volonté. Suite à une prestation dévastatrice à travers laquelle j’ai fait l’éloge de Satan, de la sodomie et de la Pologne, un homme bien intentionné vint ainsi bénéficier de mon statut d’homme au torse nu abondant de virile sueur pour me dire quelque chose qui ressemblait à « Bon show, j’sais pas si t’as remarqué l’exposition d’œuvres d’anarchistes chrétiens sur les murs? » suivi d’un ironique et retentissant « En tout cas, bonne fin de soirée. » agrémenté d’un sourire railleur, ce qui a suscité en moi, en langage populaire, un « Quel ignoble mécréant! » Faut-il donc que je respecte les idéologies (parfois fort douteuses, comme dans ce cas ci) des individus fréquentant les salles dans lesquelles je joue et que je modifie les paroles de mes chansons (que l’ont ne discerne certes pas très bien) afin de ne point vexer les cancres de cet acabit? J’en doute fort. Que Les Chevaliers de Colomb me pourfendent si ce doute est illégitime car j’ai souillé leurs salles à de nombreuses reprises.

Intolérance

Intolérance

Ne désirant point m’étendre sur la médiocrité explicite qu’évoque en moi le terme « anarchiste chrétien », j’en profiterai plutôt pour m’en prendre aux idéologues extrémistes qui méprisent ceux et celles qui n’adhèrent pas à leur doctrine inflexible tout en déblatérant incessamment les mêmes discours révolutionnaires qui tuent tout débat par leur incapacité à, justement, débattre. Étant un homme sage et intelligent, je suis toujours réceptif à l’échange philosophique d’idéaux tout en demeurant un fervent défenseur de la Vérité et de la logique mais je tolère mal les récriminations hostiles et les pointes tout aussi désobligeantes qu’illégitimes à mon égard (ou à l’égard de qui que ce soit d’ailleurs). Je me ferai donc un plaisir de faire l’éloge du prépuce aux Juifs, d’ingurgiter jambon et bacon devant les Musulmans et de boire à la gloire de Thor et Odin lors du souper de Noël car j’estime que c’est juste mais je n’irai pas serrer la main de mes tantes en leur disant « Vous savez que Noël n’est qu’un événement sacré parmi tant d’autres ayant été volé à une autre religion? En tout cas, bonne fin de soirée! »

Dans une société de plus en plus hétérogène et complexe recherchant sans cesse à plaire à tout le monde sans prendre parti et en finissant donc souvent par ne réellement plaire à personne, il est important d’avoir de fortes convictions afin d’éviter d’être « assimilé » tout en apprenant à ne pas les faire valoir pour éviter de choquer. Ce monde dit tolérant engendre donc une intolérance chronique envers des minorités visiblement majoritaires car leurs convictions intolérantes priment sur les tentatives de tolérance de la majorité, brimant nos origines et nos idéaux. Nous ne sommes plus maîtres chez nous! Ce qui nous amène à notre prochain sujet: ne fumez pas de crack.

Devenir un homme

Posted in Botanique, Placement de produits, Récit épique, Tranche de vie avec des tags , , , , , , , , on octobre 23, 2009 by DarK Rémi oF DooM

C’est en réponse à ce billet sur la Kaverne que je décidai, en ce matin enneigé, de partager avec vous un moment crucial de mon existence, moment important entre tous car il est celui où, je le crois, je suis devenu un homme. Faisant suite à mon précédent article traitant de l’emblématique Irish Spring, je vous ouvre donc mon cœur afin que vous puissiez bénéficier de l’une de mes nombreuses et épiques aventures qui ont d’ailleurs contribué à faire de moi un modèle de force et de masculinité. Puissiez-vous être inspirés par ce récit que je vous invite, d’ailleurs, à partager avec vos enfants, à l’heure du sommeil, afin qu’ils fassent des rêves prophétiques et que cette histoire anecdotique contribue à forger les puissants adultes de demain.

***

J’avais 12 ans lorsque je fus laissé à moi-même, en pleine forêt canadienne, afin de prouver ma valeur à ma famille. Après trois jours à survivre de mon mieux, me nourrissant d’animaux crus que je chassais à mains nues tels que le loup, le chevreuil et l’antilope, mon odorat aiguisé fut attiré par une odeur caractéristique. Victime de la nature alors que j’avais été contraint de délaisser toute règle d’hygiène, rampant dans la fange et dormant sous les astres célestes, constamment harcelé par la pluie, j’ai été empreint d’une satisfaction certaine lorsque l’odeur du Irish Spring caressa mes narines. Désireux de bénéficier des services de ce pain de savon divin, je m’approchai d’une source d’eau pure dans laquelle se déversait une chute naturelle et j’aperçus, sur un rondin près de la rive, la source de cette senteur caractéristique qui m’avait attiré jusque là.

M’approchant avec précaution, mes doigts étaient sur le point d’effleurer mon bienfaiteur d’émeraude lorsque l’air fut saturé par une forte odeur de musc et qu’un rugissement guttural retentit derrière moi. Ne faisant qu’un avec la nature, mugit par l’instinct primitif du sauvage, je me retournai vivement pour apercevoir un hostile carcajou dont les intentions n’étaient que trop claires; m’abattre pour avoir convoité son bien et se repaître de mes chairs. Je maintins ainsi ma position pendant plusieurs minutes qui se transformèrent bientôt en heures alors que mon adversaire et moi-même tentions de nous intimider, de trouver la faille chez l’ennemi. S’impatientant le premier, le féroce carnivore entreprit de s’attaquer à ma jambe gauche. Utilisant sa propre force contre lui, j’attrapai au dernier moment son cou musclé alors que ses dents acérées effleuraient tendrement ma peau et je précipitai le crâne du glouton contre une souche ancestrale, la vibration engendrée par cet impact cataclysmique se répercutant jusqu’au bout des racines de cet arbre jadis majestueux, allant jusqu’à perturber le sommeil des morts. Fortement ébranlé, l’animal tarda à se ressaisir et j’en profitai pour lui assener une puissante descente du coude au niveau de la nuque, brisant cette dernière sur le coup (jeu de mots). Les yeux de la bête se révulsèrent ainsi et, tandis que la dernière image parvenant à son cerveau embrumé était une représentation plutôt floue de mon rictus carnassier, l’écume de ses lèvres se teinta de rouge et la menace que représentait le monstre s’éteint alors que s’affaissait sa poitrine pour une ultime fois.

Dépeçant l’animal avec l’aide seule de mes ongles et mes dents, précipitant mes mains avides au sein des entrailles encore chaudes de ce dragon des temps modernes pour en retirer, triomphant, son cœur encore palpitant, je me vis un devoir d’ingérer sur-le-champ cet organe vital et porteur de puissance, me badigeonnant par le fait même du sang encore chaud de mon trophée afin de m’imprégner de son âme guerrière. Repus et dans un état rappelant celui de Christophe Lambert à la fin du célèbre film Highlander, le moment était maintenant venu pour moi de purger mon corps des impuretés qui le couvraient grâce à ce Irish Spring qui gisait toujours là où mon regard s’était initialement posé sur lui.

Profitant du contact avec l’eau glaciale de la chute qui percutait amicalement mon visage, charmé par les sons typiques d’une nature désormais paisible, je me redressai instinctivement avec la grâce du félin lorsqu’un cri féminin déchira brutalement le calme ambiant. Mais ceci est une autre histoire…

Printemps irlandais

Posted in Actualité, Conscientisation, Jeunesse corrompue, Placement de produits, Société contemporaine avec des tags , , , , , , , , on octobre 16, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Porte-parole de la virilité et fervent défenseur de la pilosité masculine, je prône au quotidien l’exposition de l’homme affirmant sans crainte l’étendue de sa masculinité au grand jour, n’allant point, toutefois, jusqu’à inciter à exhibitionnisme. Un torse velu et une barbe fournie ne sont toutefois que des éléments clés, souvent considérés comme étant des clichés, dans l’obtention du statut d’homme de qualité. Une foule de facteurs, pouvant aller du regard carnassier au type de pantalons portées (attention, amateurs de velours!), influent sur le charisme et l’attitude du mâle contemporain (thème philosophique: l’homme entant qu’homme). Au-delà de la perception visuelle de la masculinité réside toutefois une caractéristique souvent négligée par la masse: l’odeur.

Ce savon est approuvé par Odin.

L'original

Tandis que la femme, toute en douceur, se pavane en laissant derrière elle quelques arôme sucrés ou floraux en émettant de petits sons aigus, l’homme dominant qui se respecte doit opter pour un fumet plus viril, mais quoi? Bien que la senteur du mâle travailleur et/ou sportif puisse être attrayante, dans une certaine mesure, pour la dame en quête d’une chaleur alimentée par la passion primitive, elle est néanmoins à éviter pour des raisons évidentes. Lorsque l’homme sent aussi fort que son fromage ou qu’il évoque le chacal chez ses convives, l’heure est à la baignade puisqu’il vaut mieux attirer les cougars que les vautours! Bien que le parfum soit souvent à l’honneur chez celui qui désire séduire, il ne faut pas négliger la puissance du traditionnel savon et c’est ici qu’intervient la légendaire barre de savon Irish Spring (remarquez le lien subtile avec le texte de ce billet).

Le chevrotain est une bête féroce qui est d'ailleurs en seconde position au palmarès des animaux tueurs d'homme, juste après le dauphin.

Créature impitoyable

À l’instar du musc qui, chez certains animaux, dégage une forte odeur dont le but est de stimuler le sexe opposé, le Irish Spring émane cette puissance animale et ce désir perpétuel d’accouplement. Il est d’ailleurs légitime, dans cet optique, que l’Homme aie utilisé le musc dans la composition de certains parfums. Celui-ci est produit par le chevrotain mâle, animal brutal et intimidant également appelé porte-musc vivant dans les montagnes d’Asie à plus de 2000 mètres d’altitude et reconnaissable à ses canines longues de 5 à 7 centimètres (ces informations ne provenant probablement pas de Wikipédia). Dans un souci de perfectionnement et parce qu’ils étaient las de combattre jour et nuit les hostiles chevrotains à grands renforts de lances, haches de guerre et, éventuellement, d’armes automatiques, les parfumeurs parvinrent à élaborer une formule mystique, probablement en vendant leur âme, qui leur permit de concevoir les produits Irish Spring et, pour ceux dont l’âme valait moins cher, le Brut.

Le carcajou protège jalousement son trésor car il aime ce parfum qui lui permet d'avoir une longueur d'avance sur ses congénères en accumulant les partenaires sexuelles.

Carcajou

Repoussant les émanations nauséabondes aussi sûrement qu’il attire la gente féminine, Irish Spring est l’ultime rempart odorant contre la métro-sexualisation. Purificateur des narines impies, il enveloppe d’une aura mystique de pilosité éthérée celui qui est digne de propager ses effluves bienfaisantes. Tandis que fondent les adeptes de « Ma Romance Chimique » et que se révulsent les yeux de celles dont le manteau d’hiver ne couvre pas le ventre, les dignes se reconnaissent et s’apprécient. Le Sergent Slaughter et les carcajous utilisent Irish Spring.

Dans un monde dominé par les normes esthétiques douteuses et par les tendances hygiéniques qui s’y rattachent, il est important de demeurer fidèle à soi-même tout en se préservant de la masse intransigeante et corrompue de la « normalité ». C’est en revêtant la peau d’un inconnu et en acceptant de sentir comme les jumelles Olsen que l’on se réveille un beau matin avec pour seul vêtement un mince drap de soie rose et que l’on constate, en titubant vers la salle de bain, que l’on porte un rouge à lèvres grossier et un tatouage de pénis sur la fesse droite.

Les ennemis ratons

Posted in Conscientisation, Placement de produits, Tranche de vie avec des tags , , , , , , , , , , on septembre 29, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Étant un ami des animaux, il m’arrive régulièrement d’être attendri par la présence de créatures charismatiques telles que la marmotte, l’écureuil, le chien de prairie et le gnou. Ces bêtes relativement sauvages sont effectivement agréables au regard et sont porteuses d’un charisme certain. Évidemment, on ne peut souvent juger qu’en apparence les animaux sauvages qui, étant sauvages, ont tendance à être hostiles à l’être humain. L’ours blanc, par exemple, a tendance à déchiqueter les êtres humains qui tentent de le flatter à l’état naturel. La plupart des gens savent d’ailleurs que ce serait un geste plutôt imbécile que celui d’entrer en contact direct avec un ours, un loup ou un putois. Ceci dit, certains résidents de la forêt sont fortement sous-estimés. Parmi ceux-ci, il est une race pour laquelle j’ai une haine nouvelle; j’ai nommé le raton laveur.

Hypocrite

Hypocrite

Conquis par l’image amicale que dégage cette engeance maléfique, j’ai toujours éprouvé une certaine naïveté illusoire face à ces joyeux lurons à l’apparence inoffensive qui, à l’instar d’attrayant hobos, se complaisent dans les détritus. Jamais auparavant je ne m’étais questionné face aux représentations fantaisistes peu élogieuses du raton laveur qui, dans l’imaginaire collectif, est souvent représenté comme un voleur, caractéristique que j’attribuais essentiellement à ce bandeau de poil foncé qui orne leur visage. Bien mal m’en prit puisque je fus confronté à la nature profonde et sauvage de ce quadrupède aux mains agiles qui, en dépit de mon amour enfantin pour son espèce, crut bon de me dépouiller de mes biens alimentaires les plus précieux, allant même jusqu’à briser et souiller cette vulgaire tente de nylon qui devait me servir de gîte lors de mon bref séjour en forêt. Victime d’une criminalité primaire devant laquelle seules les lois de la nature peuvent prévaloir, la colère et le désespoir m’envahirent et firent de moi le futur instrument de destruction, le bras vengeur du campeur violé, l’incarnation de l’extinction d’une race. Ils allaient un jour payer et subir l’humiliation!

Voleur

Voleur

Transi jusqu’aux os, accompagné d’un fier camarade beaucoup plus zen que moi avec qui je partageais d’ailleurs ma tente et ma glacière (pour ne pas dire sa tente et nos glacières… pour ne pas dire la tente empruntée à un autre ami et deux glacières dont l’une était la mienne et l’autre la sienne), j’étais prêt à succomber à la folie passagère, la rage guerrière, l’esprit berserk qui m’aurait amené à pulvériser les machiavéliques ratons qui me narguaient derrière les sombres buissons par cette nuit sans lune, n’étant trahis que par la lueur de leur regard mesquin et par le bruit étouffé de l’emballage de mes barres muffin qu’ils étaient entrain d’ingurgiter avec aisance. La sagesse orientale de mon confrère et l’odeur du chili répandu sans ménagement dans la tente et sur nos bagages me ramenèrent toutefois à la réalité, ce qui m’amena à me ressaisir. En ce vendredi soir qui n’était que le début d’une fin de semaine complète pendant laquelle nous allions devoir mendier et nous sustenter à l’aide de l’alcool qui fut épargné, nous nous résignâmes donc à faire un ménage grossier des lieux en tentant de ne pas nous laisser abattre par cette perte tragique, assaillis de toute part par des ratons qui, volontairement peu subtiles, rampaient dans le noir insondable que seules nos lanternes pouvaient percer et n’attendaient qu’une faute d’inattention de notre part pour nous sauter à la gorge. Maîtres forestiers et adeptes des arts mystiques ancestraux, notre attention ne se relâcha point mais le son de la faucheuse se fit tout de même entendre à plusieurs reprises alors que nous délaissions à nouveau notre campement dépouillé.

Fléau du raton

Fléau du raton

Quelques heures plus tard, peu avant que les premiers rayons du soleil ne dispersent tranquillement les ténèbres, la nécessité nous ramena sur les lieux du crime. Constatant un nouvel assaut des forces du mal, les dégâts furent toutefois moindres puisque nous n’avions plus rien à offrir à ces omnivores démoniaques… outre nos vies. Après avoir ingurgité deux sacs de pain (dont un était au blé entier), un paquet de biscuits avoine et raisins, une boîte complète de barres muffin au chocolat, un pot d’amandes, une douzaine d’œufs, un quartier de jambon, un paquet de jambon tranché, un paquet de baloney (bologne), un paquet de douze saucisses à hot-dog, un paquet de bacon et une généreuse portion de chili (et j’en oublie probablement), les ratons laveurs revenaient, plus affamés que jamais, pour nos carcasses croupissantes et torturées par le froid et la fatigue. Couchés innocemment dans cette tente qui avait désormais des airs de tombeau, nous entendîmes les bêtes roder autour du campement, leurs griffes caressant la toile fragile de notre gîte et leurs doigts crochus tentant d’ouvrir la l’ultime porte de ce havre. Faisant usage du kung fu, mon vaillant compatriote repoussa les monstres jusqu’au lendemain matin, ces derniers se rabattant sur le chili que j’avais précédemment lancé dans leur direction tout en se bagarrant entre eux et en émettant des sons horribles à glacer le sang, ces mêmes sons qui ont hanté les nuits de H.P. Lovecraft.

Confronté à un univers mystérieux qui n’est depuis longtemps plus le sien, l’Homme survit misérablement en ces terres inhospitalières, dépendant des outils qu’il a si savamment conçus mais dont la défaillance peut lui être fatale. Limité par ses sens et ses habiletés, handicapé par une faible constitution, amputé de sa principale force alors que son esprit perturbé enchaîne son instinct, l’être humain n’a pour seuls atouts réels que son intelligence et sa débrouillardise, ces qualités faisant malgré tout défaut à plusieurs. C’est ainsi que dans les bois, complètement saoul alors que la bière, le Jagermeister et le Jack Daniel’s font office de repas, entourés de gens sympathiques dans le cadre d’une activité pendant laquelle l’élite intellectuelle de notre société court à vivre allure dans les sentiers sinueux avec une épée faite de mousse à la main, la vie est quand même bien belle. Mon seul regret, à la suite de ce récit épique, est de ne pas avoir réussit à bâtir ma conclusion autour de la célèbre citation selon laquelle « L’habit ne fait pas le moine. » en référence aux maudits ratons.

Aube rouge

Posted in Actualité, Arnold, Cinéma, Conscientisation avec des tags , , , , , , , , , , , , , on septembre 15, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Au cours de notre courte vie, nous sommes constamment influencés, inspirés de près ou de loin par divers individus par leurs actes, leurs œuvres et/ou leur attitude. Souvent, on ne s’en rend pas vraiment compte jusqu’à ce que ces gens importants trépassent et que notre réaction nous révèle, à cette nouvelle, à quel point cette personne était importante pour nous. C’est ainsi que, lorsque j’étais jeune, j’ai été ému par la mort de Gerry Boulet et que, éventuellement, je serai complètement atterré par la « fin » (utilisée ici entre guillemets car il ne mourra jamais vraiment) d’Arnold Schwarzenegger. C’est ainsi que, récemment, j’éprouvai une indéniable tristesse à l’annonce de la mort de Patrick Swayze, fantasme récurrent d’un nombre incalculable de femmes tout en étant un modèle impressionnant de masculinité.

N'entre pas qui veut au Double Deuce!

N'entre pas qui veut au Double Deuce!

Bien que sa réputation tourne majoritairement autour d’œuvres dénigrées par le mâle moyen, telles que Dirty Dancing et Ghost, l’homme incroyable qu’est Patrick Swayze a aussi contribué à des phénomènes cinématographiques de qualité tels que Red Dawn, Youngblood, Road House et Point Break. J’irais même jusqu’à dire que dans Dirty Dancing, ce cher Johnny Castle était un danseur tout-à-fait viril et enviable comparativement à Travolta dans Saturday Night Fever et Grease ou même Kevin Bacon dans Footloose, ces guignoles à l’allure douteuse n’étant aucunement de taille face à Swayze et sa gueule de tombeur bagarreur. Pour ce qui est de Ghost, bien que ce soit une histoire d’amour incroyable et qui a atteint le statut de film culte, il n’en demeure pas moins que c’est une tragédie extrêmement sombre qui évolue de manière perturbante en dépit de ses fondements coquets et de la présence humoristique de Whoopie Goldberg. On parle d’un type qui a été abattu par la faute de son meilleur ami à cause d’une histoire d’argent, ce dernier prenant même la peine de draguer abusivement l’innocente Demi Moore aussitôt qu’il en a l’occasion tandis que Swayze, ici connu sous le nom de Sam Wheat, cherche à élucider son propre meurtre tout en entretenant une quête de vengeance, allant même jusqu’à faire à un vieux fantôme débile dans une station de métro afin de pouvoir interagir avec le monde physique: WOW! Chemin faisant, il provoque la mort de son assassin et, finalement, celle de son anciennement meilleur qui, étant des hommes mauvais, sont emportés vers un monde qui ne peut être autrement qu’infernal par des ombres hostiles et effrayantes qui émettent des bruits monstrueux. Film de jeunes filles vous dites? J’en doute.

Considérant que ces rôles sont vraisemblablement ses plus fromagers (traduction libre du terme anglophone « cheezy »), qu’en est-il de ses rôles plus sérieux où il incarne un modèle indéniable et pertinent de courage, de persévérance, de leadership et de brutalité à l’état pur? Les mots me manquent tandis que je suis pris de spasmes en y réfléchissant plus longuement. Road House étant le film de Swayze m’ayant le plus marqué, j’en ferai ici une brève critique constructive et impartiale tout en prenant la peine de mentionner que ses rôles dans les autres films mentionnés ci-haut sont au moins aussi intenses que celui-ci. En bref, on parle ici d’un type qui s’appelle Dalton, un homme émanant d’une assurance certaine et dont le seul regard suffirait à pourfendre un homme aguerri, qui se pointe, peinard, dans le bar miteux d’une ville miteuse afin d’en devenir le responsable de la sécurité à la demande du propriétaire qui veut redorer l’image de son gagne-pain. De fil en aiguille, vivant modestement dans la grange de Sam Elliott (autre acteur dur à cuire) et ne recherchant que l’ordre et la paix tout en ne faisant que son boulot, il développe une certaine animosité à l’encontre du vil Brad Wesley, gros bonnet de la ville qui n’apprécie pas que l’on joue dans ses plates-bandes. Puisque personne ne menace ni ne se joue de Dalton, cet artiste martial émérite décide de régler leur cas à l’immonde Wesley et à sa bande de rustres, arrachant la gorge d’un malfrat à mains nues dans le processus et redéfinissant des géographies anales à grands coups de bottes de cowboy. Si c’est là le profile d’un acteur à l’eau de rose, que l’on me condamne à épiler Christian Slater.

Au fil des ans, je n’ai jamais compris pourquoi Patrick Swayze n’atteint jamais le niveau de Jean-Claude Van Damme (en fait oui, je sais pourquoi mais ce bref texte est un hommage), par exemple, dans la mentalité masculine collective, mais je demeure convaincu d’une chose: Patrick Swayze est un acteur de renom et un icône immortel de la gente masculine contemporaine qui n’a que trop longtemps été relégué au rang d’humidificateur de donzelles (faisant aussi référence aux larmes que ses films ont engendrées). C’est ainsi que j’honore aujourd’hui sa mémoire au nom de ceux et celles qui, à travers les années, ont su l’apprécier à sa juste valeur et profiter de ses violentes aptitudes. Adieu, Patrick Swayze; je porterai un gaminet noir moulant en ton nom.

Ceci n'est pas la légende d'une image mais bien l'image d'une légende.

Considérations piétonnières

Posted in Conscientisation, Jeunesse corrompue, Placement de produits, Société contemporaine, Technologies, Tranche de vie avec des tags , , , , , , , on septembre 14, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Dans la plupart des grandes nations civilisées de ce monde, aux abords des rues de la ville comme du village, sur les ponts et près des parcs, l’outil premier du piéton averti est le trottoir. Ce sentier de béton permet aux êtres pourvus de jambes et/ou de fauteuils roulants de circuler en toute sécurité et sans contraintes dans ces milieux urbains hostiles où se disputent quotidiennement divers véhicules motorisés, cyclistes excités, patineurs marginaux (MAIS OÙ EST LA GLACE!?) et petits animaux mésadaptés. Depuis plusieurs dizaines d’années, des ingénieurs réputés et des travailleurs assidus travaillent de pair afin d’offrir au monde l’apogée en matière de trottoirs; que ce soit le traditionnel trottoir de ciment, le trottoir pavé ou la passerelle en bois, tous les pieds y trouveront leur compte! Il est toutefois un facteur qui, indépendamment de la qualité du trottoir (les synonymes du mot « trottoir » sont bien rares, j’en ai peur), demeure problématique: sa largeur.

Obstacle commun

Obstacle commun

Lorsque je favorise mes chaussures à ma voiture ou mon vélo, j’utilise les infrastructures mises en place à cet effet et je suis constamment à l’affut de mon environnement afin d’éviter de percuter une porte, un banc, un enfant, un « pogo ball », un vieux téléviseur, une scie à chaîne, un tournevis plat, un étalon ou tout autre obstacle indésirable et imprévu. Soucieux du bien-être collectif, j’applique même certaines règles éthiques très personnelles telles que la circulation à droite (le klaxon étant souvent mal interprété). Conducteur émérite, je sais que la vie serait plus simple si les piétons circulaient de façon structurée, comme sur les routes (théoriquement), au lieu d’errer lamentablement tels des mouches en quête de bouses éparses. Que ce soit sur le trottoir le plus anodin ou dans un centre commercial dont l’allée principale est d’une largeur impressionnante, les gens trouvent toujours le moyen d’être extrêmement désagréables dans leur façon d’agir et n’ont aucunement conscience qu’ils sont dans un milieu public et qu’ils interagissent, volontairement ou non, avec les individus qui le peuplent.

Ayant précédemment fait mention de la rage au volant qui m’anime parfois, je ferai ici l’éloge de la rage piétonnière. Lorsque je marche tranquillement, m’adaptant malgré moi au rythme lent de la foule, profitant du soleil, il arrive qu’un voile rouge s’abatte devant mes yeux ébahis tandis que mes poings se serrent alors que quelqu’un derrière qui je gambadais innocemment s’arrête brusquement et demeure sur place sans considération pour le char d’assaut humain que je suis, ni d’ailleurs pour les millions de personnes qui me suivent. Vivement que l’on empale ces malotrus, doublés de ceux qui discutent en groupe en utilisant tout l’espace disponible, sans oublier ceux qui ne regardent pas où ils se dirigent, préférant regarder leurs amis laids (tant qu’à être hostile). Il y a aussi ceux qui, utilisant un trottoir standard, marchent en plein milieu en prenant bien soin de rendre difficile tout passage d’un côté comme de l’autre, sans oublier les adeptes de planches à roulettes et autres moyens de locomotion requérant un effort physique qui croient que le fait de ne point posséder de moteur rende légitime leurs actes téméraires alors qu’ils zigzaguent à toute vitesse entre les cônes humains. Il me tarde de voir l’un de ceux-là percuter violemment une porte ouverte à la volée… ou un marteau de guerre.

Tandis que tous sont prompts à s’insurger contre leurs semblables pour des raisons toutes plus pertinentes les unes que les autres, une forte fraction sont coupables des crimes contres lesquels ils militent bruyamment. Dans ce cas ci, le piéton contre lequel je vocifère présentement est probablement le vieil effronté qui tourna à droite sur un feu rouge (où il était d’ailleurs interdit de tourner à droite en tout temps) tandis que le passage pour piétons était activé. Ce responsable de tous les maux est d’ailleurs probablement le père de l’adolescent suintant et odorant qui, dans l’autobus, prenait toute la largeur de l’allée déjà encombrée en ne prenant pas la peine de retirer son immense sac à dos et qui, la veille, n’a pas laissé sa place à une vieille dame. Au souper, ils discuteront du vieil hurluberlu qui roulait à 40 kilomètres/heure avec sa Chevrolet Impala blanche (seul un être humain HORRIBLE pour oser posséder une Chevrolet Impala blanche) et de cette vieille dame sans scrupules qui est tombée sur l’ado, lui faisant échapper son iPhone qui, heureusement, n’a pas été endommagé. TOUT LE MONDE EST COUPABLE! Évidemment, je ne fais pas partie de « tout le monde ».

David Bowie

David Bowie

L’erreur étant humaine, de tels actes irréfléchis peuvent survenir même avec les intentions les plus pures. Accidents malheureux obligent, les politesses d’usage sont ensuite requises. Ceci dit, les statistiques (étudiées par mes bons soins et dépourvues de fondements acceptables) démontrent que les ignobles mécréants qui marchent lentement en plein centre du trottoir avec leurs gigantesques sacs d’épicerie ballottant de chaque côté n’ont pas tendance à s’excuser outre mesure lorsqu’ils se font dépasser par la rue et/ou insulter vivement tandis qu’ils devraient normalement tomber à genoux et supplier que l’on épargne leur misérable vie pour cet affront. À tous ces impolis du trottoir je souhaite de sombrer dans le bourbier de l’éternelle puanteur.

Tirer la chasse

Posted in Conscientisation, Technologies, Tranche de vie avec des tags , , , , , , , , on août 26, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Le salle de bain étant vraisemblablement un lieu inspirant pour moi, j’ai eu, une fois de plus, une sordide révélation en visitant ces lieux de tous les maux. Contraint de faire usage de la toilette publique en vue remédier à un malaise qui m’habitait et qui faisait pression sur ma patience, je me suis précipité à contre-cœur vers ce cabinet qui, faisant souvent office de retraite paisible, était devenu le théâtre d’un spectacle abject. En effet, le réceptacle accueillant que je m’attendais à orner de mon bien-aimé postérieur portait les stigmates de la corruption, abritant les déchets corporels d’un inconnu qui, comble du malheur, avait été très généreux à l’égard de ce contenant, l’agrémentant même d’un fumet explicite et tenace. Victime de ma nature d’être humain, je ne pus faire autrement que me résigner à mon sort, tirant la chasse d’eau pour ensuite profiter du banc encore chaud de mon prédécesseur. BLASPHÈME!

Arme d'auto-défense

Arme d'auto-défense

Né de parents propres, sympathiques et attentionnés, j’estime aujourd’hui être devenu un bon être humain grâce à leur génétique supérieure, leur sens des valeurs et leur ténacité. C’est ainsi que, après avoir appris à marcher, mon plus grand accomplissement fut sans doute d’apprendre à faire usage des commodités et, éventuellement, d’utiliser ce chef d’œuvre d’ingéniosité qu’est la toilette afin d’exiler vers l’inconnu le fruit de mon labeur. Même à cette époque troublée où des besoins copieux me faisaient honneur, jamais je n’aurais osé laisser macérer ma concoction afin que mes parents en profitent. Que la mort m’emporte si des invités venaient à « profiter » de mon involontaire création! C’est avec cette mentalité que j’ai développé le réflexe, l’instinct qui me permet de tirer la chasse d’eau sans même y penser lorsque j’utilise la toilette ou l’urinoir. C’est aussi avec cette mentalité que je ne peux comprendre que des gens, qui qu’ils soient, puissent agir aussi inconsciemment.

Il m’apparaît plutôt absurde de plaider l’oubli lorsqu’on considère le fait que l’auteur du crime a posé son séant sur un siège au confort variable pendant 1 à 10 minutes (ou plus lorsque la lecture est bonne) en fournissant un effort oscillant entre moindre et titanesque (constipation, quand tu nous tiens!) tout en bénéficiant d’un support sonore notable et d’une manifestation odorante souvent considérable. Je considère comme un affront, un incroyable manquement éthique que d’afficher ses selles de la sorte. Ajoutant au malaise, s’apparentant au graffiti, c’est dans l’anonymat qu’opère cette fécale manifestation, incarnation ultime du dédain de sa mère nourricière pour ses pairs, crachat morveux au visage du savoir-vivre. Est-ce si grave? Cette image figée dans mon esprit lorsque je me réveille en hurlant la nuit et l’incapacité des produits Glade à endiguer les effluves néfastes de ces repas de jadis m’indiquent que oui.

Gibet

Gibet

En dépit d’une majorité d’êtres impies (je suis conscient du fait que ce mot est mal utilisé dans ce contexte mais je trouve triste que le déclin de la religion aie à ce point affecté ce sympathique qualificatif qui, dans ce cas ci, rime avec « dépit », ce qui ajoute à la beauté de la phrase) aux intentions malveillantes, certaines situations sont admissibles au pardon. Il existe, tristement, certaines toilettes de moindre qualité dont la capacité à évacuer efficacement le contenu est discutable, ce qui fait en sorte que des résidus peuvent subsister même après que la chasse fut tirée (l’expression « tirer la chasse » fait s’éveiller l’homme des bois en moi). Lorsque ce problème survient, le coupable est généralement prompt à blâmer la technologique mais c’est du manque de rigueur dont il est réellement question. Est-il donc si pénible d’attendre quelques instants afin de s’assurer que la source est redevenue limpide? C’est d’ailleurs devant une telle horreur que naquit un jour la célèbre expression « La patience est une vertu. »

Tandis qu’une vulgaire flatulence suscite de vives réactions lors son apparition en public, qu’elle soit sonore, odorante, ou un heureux mélange des deux, la déjection inconnue, quant à elle, ne crée que peu de remous (HA HA), son règne s’achevant dans l’insatisfaction la plus totale de son bourreau qui, maintenant le tabou, se contente d’enclencher le cataclysme final d’une simple pression du doigt. Les instigateurs immoraux de ce terrorisme ménager, véritables ninjas de la cuvette, s’envolent en fumée sitôt leur délit perpétré, ne laissant comme seul recours aux victimes innocentes que la résignation et l’espoir d’un monde meilleur. Triste fatalité, j’en conviens.

P.S.
Bien que j’aie mis l’emphase sur l’aspect fécal, beaucoup plus éloquent, du phénomène, je tiens à mentionner que les relents de vieille urine ne sont pas non plus les bienvenues dans mon monde.