L’ablation de la virilité

Comme vous avez probablement pu le constater, la société dans laquelle nous vivons est en constant mouvement, victime de changements perpétuels et de chocs de générations, occasionnant de nombreuses révolutions variant de très positives à atrocement négatives. Rappelons-nous ensemble le chapeau haut-de-forme, le monocle, les espadrilles « Daoust 301 » et le polar jaune fluo. Ces articles, prisés par les plus hautes sphères de la société lors de leur avènement, ont été victimes d’un triste et injustifié déclin. Après avoir couvert de gloire les Grands de ce monde, ils furent bientôt ridiculisés par le plus minable et abject membre de la société, n’étant mis en valeur que par la stupidité qui leur était attribuée, certains éloges ne leur étant faits que par quelques marginaux et/ou rétro-gardistes. Ce ne sont toutefois là que quelques exemples parmi les nombreux changements qui surviennent régulièrement dans nos us et coutumes (j’adore employer les termes « us et coutumes »). L’aspect matérialiste est indéniablement mis de l’avant lorsque l’on fait référence au changement mais la mentalité collective est elle aussi tout autant affectée (sinon plus) par ces mouvements de masse. Étant moi-même un fier défenseur des vieilles valeurs et un puissant gardien de la nostalgie, je vous invite aujourd’hui à vous recueillir quelques instants et à vous remémorer tous ces changements qui ont bouleversé votre vie à différents niveaux au cours de toutes ces années qui ont affecté la structure maléable de votre existence. En ce qui me concerne, lorsque je repense à ces hauts et c’est bas de « l’évolution », c’est en constatant l’ablation de la virilité qu’une larme naît au coin de mon oeil.

Tom Selleck

Tom Selleck

Tôt dans ma vie j’ai été confronté à des modèles masculins fiers et velus, comprenant dès mon plus jeune âge que c’était là une marque de force et de virilité à laquelle le mâle moyen aspirait. La génétique délaissait certes quelques malheureux qui se devaient de compenser ailleurs mais la pilosité faciale, présente chez la plupart des hommes, était arbhorée fièrement sous forme de barbes fournies et/ou de généreuses moustaches aux formes parfois très recherchées. Les femmes de cette époque comprenaient bien l’attrait mystique qui émanait de ces vestiges de la puissance brute ancestrale et se plaisaient à trouver le confort auprès de ces hommes qui s’assumaient entant qu’hommes. Pensons aux vikings, à l’homme important moyen du 19e siècle portant le monocle, le chapeau haut-de-forme et une moustache frivole (quel combo!), à Louis Cyr, à Grizzly Adams, à Lanny McDonald des Flames de Calgary ou, plus proche de nous, à Tom Selleck et Burt Reynolds, ces piliers immortels du cinéma américain qui ont inspiré des dizaines de milliers d’hommes (peut-être même des millions!) à travers le monde et qui ont suscité le désir chez au moins autant de femmes. Cette moustache et ce puissant torse animal emblématique qui les caractérise sont aujourd’hui incitatifs à la dérision tandis l’on rejette partout dans le monde le visage rude et l’épaisse toison du protecteur des valeurs familiales. 

Burt Reynolds

Burt Reynolds

La force, la virilité, le courage et l’absence de sentiments apparents sont des valeurs qui sont rejetées par de plus en plus d’êtres humains de tous sexes confondus sur cette Terre dont les habitants se cherchent toujours sans jamais se trouver. L’homme contemporain a de moins en moins besoin de faire valoir son statut d’homme, cherchant à se rapprocher de ses sentiments et à atteindre certains critères de beauté définis par une « élite » inconnue mais que tout le monde écoute quand même. Bref, l’esthétique prend son envol et on recherche une douceur d’âme et de corps dans une espèce de quête pseudo-spirituelle qui fait dire aux jeunes pré-pubères qui parlent au cellulaire dans l’autobus et s’exlament à haute voix : « Eurk, moi le poil j’trouve ça DÉGUEULASSE. », le tout agrémenté d’anecdotes saugrenues quant à leur relation avec leur mère, leur « chum » ou « blonde », leur amie conne dont les cheveux sont juste trop laids et j’en passe mais ça, c’est une autre histoire. On fait donc face à une horde de gens, particulièrement des hommes « cool et branchés » qui se départissent avec entrain de la majeure partie de cette pilosité qui les aiderait pourtant à acheter de l’alcool ou à ne pas avoir l’air d’une fille. Le sexe féminin, quant à lui, a depuis longtemps orienté son rasoir jusqu’aux parties les plus intimes de son anatomie mais je me concentre ici sur cet homme soumis que je cherche à comprendre.

Hobo

Hobo

La lumière étant faite sur les faits, le moment est donc venu pour moi de formuler une analyse à couper le souffle sur les raisons derrière ce phénomène. Nous entrons dans une ère d’ouverture d’esprit qui vise à éliminer tous les clichés et tous les tabous. À l’image des Japonais qui se travestissent ouvertement depuis plusieurs années pour le plus grand plaisir des déviants de ce monde, l’homme occidental cherche à briser les chaînes de la conformité en voulant établir sa propre identité en lien avec ce qui se passe dans sa tête. Ce faisant, on constate une augmentation de l’homosexualité (pas que j’aie quoi que ce soit contre les homosexuels, ne venez pas me critiquer avec votre mémoire sélective et vos élans de justiciers je vous prie) chez des garçons de plus en plus jeunes, on découvre une clientèle insoupçonnée pour des produits de beauté masculins, faisant d’ailleurs naître le métrosexuel et, finalement, on se départit du poil, cet ennemi de l’épanouissement qui ancre le mâle à ses racines brutales et barbares qui ne vont pas de pair avec l’émotivité et la tendresse. Bref, les gens sont des moutons qui veulent être beaux, qui veulent être accepté et qui veulent être libérés de tous les fardeaux. Quelqu’un, quelque part, a entamé ce mouvement et voilà où ça nous a mené: Une horde d’imberbes bien coiffés évitant les obstacles et les engagements, priorisant égoïstement leur bien-être et évitant les troubles en rejetant du revers de la main les obligations familiales et les obstacles de la vie qui mettraient en péril le confort de leur impeccable coquille charnelle et leur tranquilité d’esprit.

Maintenant que vous vous dites « Comment a-t-on pu en venir à ça à partir d’un texte portant sur la pilosité!? », sachez que les grandes réponses de ce monde proviennent parfois des plus simples questions. Pour ceux d’entre vous qui douteraient de la véracité de mes dires ou qui sont incapables de saisir l’essence de mon message, référez-vous à la bannière explicite et graphique ci-haut.

15 Réponses to “L’ablation de la virilité”

  1. Écoute je ne peux pas t’obstiner, je suis mort de rire et de respect. S’il fallait que je me rase le dos, ça me coûterait très cher de crème à raser. Très peu pour moi, j’ai l’air d’un viking et je remercie quiconque m’honore de ce compliment!

    Ceci dit, inutile de louer une machine à tapis à l’épicerie, ça se lave tout seul dans la douche.

    Vachement POILANT comme texte😀

  2. @Le Détracteur Constructif: J’entretiens moi-même fièrement cette pilosité qui, jadis, me faisait tant languir en se manifestant timidement lors des années bisextiles. Je crois que de belles valeurs sont véhiculées dans ce texte lorsque l’on sait les en extirper et il me fait plaisir que l’on puisse le considérer comme étant POILANT, terme que je rirai à intervales irréguliers pour les trois ou quatre prochains jours.

  3. « Ahahahah » éclatai-je d’un rire velu

  4. LoL mais quel texte!
    Vive les hommes virils!❤

  5. Fille Prépubère dans l'autobus Says:

    Ouin mais mon amie conne, sont cheveux sont VRAIMENT trop laids.

  6. @Fille Prépubère dans l’autobus: Tu diras à Vincent d’me rejoindre au Spot avec Martin pis on va aller Chez Allaire.

  7. Ah… à ma grande honte…. dernièrement… je me suis rasé le chest…
    Mais cependant, j’ai commis ce geste irréparable espérant que dans un avenir futur j’aurais plus de ces doux poils frisés.
    Mes frères étant très poilus, je me demande ou est MON poil!

    Mais c’est avec joie que j’ai constaté que mon poil était plus fourni(il fait 1 cm maintenant).

    Je suis heureux et un jour je pourrai peut-être penser à provoquer Rémi dans un duel Poillesque!

  8. @Dany: Je compatis sincèrement à ta cause et je partage ta douleur grâce à cette féroce compassion qui m’est propre. Je crois que tu as fait un grand sacrifice en brandissant ainsi la lame du destin au coeur même de ta masculinité mais c’est avec la confiance en tes propres capacités et en un futur meilleur que tu en ressortiras grandi. Il me fera donc plaisir de participer ardemment à ces échanges virils que tu projettes, levant déjà ma chope à ce moment historique.

  9. Écoute-moi bien: étant moi-même homosexuel (hé oui ! oh horreur ! je suis un des rares gais assumés de la blogosphère😉 lol), je vais te dire un secret qui ne sera pas du tout lu par des dizaines de personnes. Allez, approche, je ne te ferai pas mal. lol Voici: moi aussi je suis tanné de cette croisade contre ce que j’appellerais affectueusement le « pouel » ! Je veux dire que je trouve ça débile de voir tous ces gars faire la queue (sic!) pour aller se faire raser de partout. En tout cas, moi j’ai du poil et tant pis ! J’irai pas me faire ch… à me le faire enlever certain. Il est temps qu’on le dise: le « pouel », c’est beau.

    Ainsi soit-il.😉

  10. @Alex: Ce sont là des paroles bien réconfortantes et un touchant témoignage! J’ose espérer que nos efforts contribueront à ramener la population sur le droit chemin et que certains s’assumeront mieux et/ou comprendront l’essence profonde de leur pilosité, redonnant lentement mais sûrement au poil sa gloire du passé! Travaillons ensemble pour un monde meilleur.

  11. Puisque tout ici a été dit, de bien sages paroles joliments tissées, me je conterai de dire en inversant quelques mots  » YAY, VIVE LES VIKINGS ET LES HOMMES AVEC PLEIN DE CHEVEUX ET DE BARBE  » , énervée comme une jeune écolière en recherche de virilité. Quoique maintenant, les jeunes écolières, exposant à mon goût une trop grose dose de la couleur OR même si cela est bien loin d’être dans le sujet, recherchent plutôt le jeune homme  »propre ». Peu importe, un homme modifié tant qu’à moi n’éveillera jamais autant mes Zormones puisque je crois qu’à la base, elles sont faites pour être attrayées par les hommes des cavernes😀 Donc messieurs, soyez fiers de votre pilosité. Amen.

  12. @Julie: Je me réjouis de ton implication dans la cause des hommes virils et je crois que tu es porteuse d’une mentalité que toute femme devrait partager!

  13. Les cheveux là dedans? Ça fait 3 ans que je ne me suis pas fait couper les cheveux. Suis-je un homme meilleur?

  14. @Le Détracteur Constructif: Je suis un fervent admirateur de nos amis les cheveux qui, lorsque portés longs du côté masculin, sont très « metal ». Je crains toutefois que ça ne puisse impacter sur le facteur virilité contemporain (voir Kerry King). Tu es quand même sûrement un homme meilleur.

  15. Morbleu, je n’avais pas pensé à Kerry King!

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