Bonheur d’antan

L’histoire humaine est vaste et complexe, se modifiant sans cesse au gré du temps et de la disposition géographique, jouant avec les croyances et les connaissances, le mythe et le réel. Depuis qu’il a conscience d’être, l’Homme n’a cessé de s’épanouir, de se raffiner dans sa démarche et ses aspirations, créant ainsi une marque distincte entre l’individu dit civilisé et la bête qui réside en chacun et chacune de nous. En dépit de cette dissociation volontaire, le phénomène qui joue le plus explicitement avec cette frontière quelque peu abstraite est la sexualité. Comportant ses tendances, elle est composée d’un besoin viscéral doublé des caprices du moment. Reflet de l’individu, elle fut affectée et inspirée par les mouvements sociaux comme par les cultes religieux tout en étant à la source des fantasmes les plus fous. À l’instar des couleurs « fluo », les modes perverses vont et viennent mais il en est qui ont plus de difficulté à tenir la cadence. Il va sans dire que, de toutes les pertes de l’histoire de l’humanité, la plus pénible est sans doute le mysticisme de la vierge.

Véritable père de Jésus

Véritable père de Jésus

Fantasme masculin prisé, source traditionnelle de rituels païens ancestraux, synonyme de pureté et incitatif à l’adoration chez plusieurs religions, la vierge contemporaine n’est plus l’ombre de ce qu’elle était jadis. De nos jours, Satan ayant été éclipsé par Allah, on retrouve de moins en moins de sacrifices humains requérant des vierges. La vierge Marie, quant à elle, est désormais perçue comme une femme frigide, voire même une agace, faisant de Joseph un « esti d’bon gars ». Bon nombre d’exemples relatifs à d’autres religions et cultures sont probablement disponibles sur Internet mais je ne tiens pas tant à faire un recensement historique qu’une constatation dramatique: la pénurie de vierges.

Modèle féminin d'antan

Modèle féminin d'antan

Le mâle adulte contemporain aura fort à faire pour profiter des bienfaits d’une femme vierge sans se tourner vers la pédophilie. En effet, la sexualisation précoce de la jeunesse d’aujourd’hui a pour effet, selon une étude sérieuse fictive ne servant qu’à appuyer mes propos caricaturés, de réduire l’âge moyen de la « consommation » à 9 ans. Las de l’alcool fort et des drogues dures, l’enfant quitte maintenant le carré de sable au profit de la maison de débauche, ayant déjà entretenu des réflexions philosophiques sur la futilité de la vie et ayant déjà accompli, à l’école primaire, la plupart des expériences jadis réservées aux adolescents et jeunes adultes rebelles en âge de danser.

Modèle féminin d'aujourd'hui

Modèle féminin d'aujourd'hui

Qualifiées de « petites charrues » et de « guidounes qui s’habillent pas quand y fait frette », les petites filles qui hantent désormais nos villes savent se mettre en valeur par l’utilisation de techniques apparentées à celles des artistes de la poutre verticale, faisant ainsi miroiter l’espoir d’activités pornographiques débridées avec des hommes matures qui, ne réalisant leur erreur que trop tard et blâmant la vigilance du « doorman », se sentent instantanément souillés alors qu’ils entendent la voix des fruits de leur convoitise et sont propulsés au sol par un rire sonore et niais. Comble de la malchance est d’imaginer que ces reines du sexe pré-pubères se sont abandonnées au vice depuis belle lurette lors d’une fête dans le sous-sol des parents du petit Timothée, bénéficiant d’un buffet imberbe de jeunes pousses ayant omis l’étape cruciale qu’est celle des plaisirs solitaires devant « Bleu Nuit ».

Cette légère écartade vis-à-vis du contexte initial de ce billet n’a pour but que de mettre l’emphase sur les difficultés intimes inhérentes à la corruption humaine, devant suivre la vague de la banalisation du coït et se rabattre sur des techniques plus barbares et primitives, faisant l’éloge du populaire « trip à 3 » et de la gymnastique charnelle, donnant ainsi naissance à l’érotisme sportif. Près de nos corps comme dans nos coeurs sont ainsi disparues les vierges d’antan, songe brumeux des saisons passées, sentiment de déjà-vu qui ne laisse place qu’à la déception la plus complète et à ce goût amer devant le monde moderne. Si seulement on pouvait tabasser les jeunes.

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7 Réponses to “Bonheur d’antan”

  1. Je ne sais pas trop quoi penser de ton billet. Légèrement triste dans son constat et à la fois amusant dans la manière de le dire. 😛 Mais effectivement, avec des modèles comme Spears et Hilton, pas étonnant que les filles passent pour des charrues.

  2. @Alex: Je ne savais moi-même pas quoi penser de ce billet au moment de le publier. Le but initial du texte était de ridiculiser le concept de la vierge en mettant l’emphase sur ce fantasme, aujourd’hui presque éteint, de « dévierger » une femme. Je me suis toutefois laissé prendre à travers mes élans rédactionnels passionnés et j’ai laissé libre-cours à ma haine face à ce phénomène perturbant. On pourrait probablement utiliser ici ce vieil adage selon lequel « mieux vaut en rire qu’en pleurer ».

  3. Mention toute spéciale à la dernière phrase:

    « Si seulement on pouvait tabasser les jeunes. »

    XD

  4. @Karyn: Contrairement à la « croyance » populaire, la violence a tendance à régler bien des maux. 😉

  5. AMEN! 😛

  6. Je vous couvre d’éloge sir DarK Rémi oF DooM !

    Un autre texte bien remplis 😉

    Qui met de la joie dans mes queneuilles !!!

  7. @Holy: Merci pour ce commentaire pertinent. 😉

    @Charley: Je suis ravi que vous profitiez allègrement de ces lieux de sagesse et de divertissement très cher!

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