Aube rouge

Au cours de notre courte vie, nous sommes constamment influencés, inspirés de près ou de loin par divers individus par leurs actes, leurs œuvres et/ou leur attitude. Souvent, on ne s’en rend pas vraiment compte jusqu’à ce que ces gens importants trépassent et que notre réaction nous révèle, à cette nouvelle, à quel point cette personne était importante pour nous. C’est ainsi que, lorsque j’étais jeune, j’ai été ému par la mort de Gerry Boulet et que, éventuellement, je serai complètement atterré par la « fin » (utilisée ici entre guillemets car il ne mourra jamais vraiment) d’Arnold Schwarzenegger. C’est ainsi que, récemment, j’éprouvai une indéniable tristesse à l’annonce de la mort de Patrick Swayze, fantasme récurrent d’un nombre incalculable de femmes tout en étant un modèle impressionnant de masculinité.

N'entre pas qui veut au Double Deuce!

N'entre pas qui veut au Double Deuce!

Bien que sa réputation tourne majoritairement autour d’œuvres dénigrées par le mâle moyen, telles que Dirty Dancing et Ghost, l’homme incroyable qu’est Patrick Swayze a aussi contribué à des phénomènes cinématographiques de qualité tels que Red Dawn, Youngblood, Road House et Point Break. J’irais même jusqu’à dire que dans Dirty Dancing, ce cher Johnny Castle était un danseur tout-à-fait viril et enviable comparativement à Travolta dans Saturday Night Fever et Grease ou même Kevin Bacon dans Footloose, ces guignoles à l’allure douteuse n’étant aucunement de taille face à Swayze et sa gueule de tombeur bagarreur. Pour ce qui est de Ghost, bien que ce soit une histoire d’amour incroyable et qui a atteint le statut de film culte, il n’en demeure pas moins que c’est une tragédie extrêmement sombre qui évolue de manière perturbante en dépit de ses fondements coquets et de la présence humoristique de Whoopie Goldberg. On parle d’un type qui a été abattu par la faute de son meilleur ami à cause d’une histoire d’argent, ce dernier prenant même la peine de draguer abusivement l’innocente Demi Moore aussitôt qu’il en a l’occasion tandis que Swayze, ici connu sous le nom de Sam Wheat, cherche à élucider son propre meurtre tout en entretenant une quête de vengeance, allant même jusqu’à faire à un vieux fantôme débile dans une station de métro afin de pouvoir interagir avec le monde physique: WOW! Chemin faisant, il provoque la mort de son assassin et, finalement, celle de son anciennement meilleur qui, étant des hommes mauvais, sont emportés vers un monde qui ne peut être autrement qu’infernal par des ombres hostiles et effrayantes qui émettent des bruits monstrueux. Film de jeunes filles vous dites? J’en doute.

Considérant que ces rôles sont vraisemblablement ses plus fromagers (traduction libre du terme anglophone « cheezy »), qu’en est-il de ses rôles plus sérieux où il incarne un modèle indéniable et pertinent de courage, de persévérance, de leadership et de brutalité à l’état pur? Les mots me manquent tandis que je suis pris de spasmes en y réfléchissant plus longuement. Road House étant le film de Swayze m’ayant le plus marqué, j’en ferai ici une brève critique constructive et impartiale tout en prenant la peine de mentionner que ses rôles dans les autres films mentionnés ci-haut sont au moins aussi intenses que celui-ci. En bref, on parle ici d’un type qui s’appelle Dalton, un homme émanant d’une assurance certaine et dont le seul regard suffirait à pourfendre un homme aguerri, qui se pointe, peinard, dans le bar miteux d’une ville miteuse afin d’en devenir le responsable de la sécurité à la demande du propriétaire qui veut redorer l’image de son gagne-pain. De fil en aiguille, vivant modestement dans la grange de Sam Elliott (autre acteur dur à cuire) et ne recherchant que l’ordre et la paix tout en ne faisant que son boulot, il développe une certaine animosité à l’encontre du vil Brad Wesley, gros bonnet de la ville qui n’apprécie pas que l’on joue dans ses plates-bandes. Puisque personne ne menace ni ne se joue de Dalton, cet artiste martial émérite décide de régler leur cas à l’immonde Wesley et à sa bande de rustres, arrachant la gorge d’un malfrat à mains nues dans le processus et redéfinissant des géographies anales à grands coups de bottes de cowboy. Si c’est là le profile d’un acteur à l’eau de rose, que l’on me condamne à épiler Christian Slater.

Au fil des ans, je n’ai jamais compris pourquoi Patrick Swayze n’atteint jamais le niveau de Jean-Claude Van Damme (en fait oui, je sais pourquoi mais ce bref texte est un hommage), par exemple, dans la mentalité masculine collective, mais je demeure convaincu d’une chose: Patrick Swayze est un acteur de renom et un icône immortel de la gente masculine contemporaine qui n’a que trop longtemps été relégué au rang d’humidificateur de donzelles (faisant aussi référence aux larmes que ses films ont engendrées). C’est ainsi que j’honore aujourd’hui sa mémoire au nom de ceux et celles qui, à travers les années, ont su l’apprécier à sa juste valeur et profiter de ses violentes aptitudes. Adieu, Patrick Swayze; je porterai un gaminet noir moulant en ton nom.

Ceci n'est pas la légende d'une image mais bien l'image d'une légende.

10 Réponses to “Aube rouge”

  1. Uhhh Merci pour le Tag à mon nom, ça met un peu de baume sur mon coeur meurtri suite à la disparaiton de MON Dalton…

    Farewell Patrick, tu resteras toujours mon plus grand fantasme de gamine❤

  2. @YzaRocK: Je suis convaincu que tu aurais été son fantasme de gamin si vos rôles avaient été inversés d’une quelconque manière étrange. Je doute cependant que tu aurais été en mesure d’arracher la trachée d’un homme à mains nues mais bon, à chacun sa spécialité.

  3. D’accord, je ne profiterai pas de ce triste moment pour y aller de commentaires sur l’homoérotisme des films d’action de Swayze, en outre largement contrebalancé par ses apparitions des les plus ultimes films de filles, que des mâles comme nous ont eu à supporter pour faire plaisir à leurs compagnes.

    Roadhouse est film typique des « plaisirs coupables » dont nous sommes tous victimes. On le dénigre devant tout le monde, mais on l’écoute avec plaisir : un gars qui botte des derrières, qui couche avec une belle femme et qui mutile ses ennemis, tout en faisant exploser un BMW dans le processus. Respect.

    Quant à Red Dawn, je suis plus réservé… cet hommage au fascisme de type « National Rifle Association » est contestable sous tous ses angles. Mais bon, je préfère croire qu’il s’agit d’une erreur de parcours.

  4. @Hérétik: Je m’attendais à une telle réponse de ta part et j’apprécie ta modération. En ce qui me concerne, je n’ai jamais éprouvé quelque honte à prôner haut et fort mon adoration pour le film « Road House » bien que je sois très conscient de n’être point garant de la majorité. Je trouve que c’est un film d’action de qualité qui fait honneur aux autres longs métrages de ce style.

    Pour ce qui est de « Red Dawn », son souvenir est plutôt lointain et je ne saurais me risquer à en critiquer ou à en défendre le message, je me souviens seulement que j’ai adoré le film et son intensité au moment où je l’ai écouté, il y a de cela maintenant plusieurs années.

  5. J’étais d’accord avec tous tes textes que j’ai lu jusqu’à….. MAINTENANT!!!
    Je reste avec mon opinion de Patrick « fifi » Swayze comme étant un acteur GAY et dont le jeu me laisse sans émotion (si je voulais être méchant je dirais même que sa mort est un événement plus qu’anodin dans ma vie…).
    Bref, je continu de te respecter malgré cette différence d’opinion bien que Swayze et virile dans le même texte est plus que douteux.

    En espérant ne pas te faire pleurer😛

  6. @Holy ass: Ton opinion n’est que la preuve d’un manque de culture flagrant et de doute perpétuel face à ce qu’est réellement la masculinité, mais sache que tu es encore jeune et naïf; un jour tu comprendras!😉

    Pour le reste, Subotai pleurera pour moi.

  7. @Le Détracteur Constructif: C’est tout-à-fait légitime.

  8. Patrick Swayze?

    Mais qui est cet inconnu? Serais-je un inculte ? Démon!!
    Malheureusement, je ‘ai jamais vu Road House ni aucun film avec ce charmant jeune homme ressemblant à Simon Anctil de profil.

    Cependant, étant donné que le très caricatural Rémi est en deuil de ce personnage inconnu, je ne peux faire autrement que de partager son chagrin et de l’appuyer dans sa démarche de guérison, aussi longue et pénible soit-elle.

    Je ne puis que compatir à cette douleur et me ranger de ton côté pour agrééer ton texte car ton goût en matière d’acteur et de films demeure légendaire.

    Bon courage!

  9. @Le Clown: Je te remercie pour ta compassion et je ne peux que te conseiller de profiter, un jour, des bienfaits de Patrick Swayze pour l’univers fabuleux du cinéma.

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