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Piranhas

Posted in Cinéma, Conscientisation, Jeunesse corrompue, Sexualité with tags , , , , , , , , , , , , on août 25, 2010 by DarK Rémi oF DooM

Les fond marins, tragiques et mystérieux, hôtes de lieux inexplorés et de ténèbres insondables, ont alimenté l’imaginaire collectif depuis bien des années. Bien que l’Homme, avide de connaissance, décida éventuellement de se tourner vers le cosmos, il ne maîtrise point l’astre qu’il foule depuis des millénaires. Dominant les étendues terrestres qu’il a modelées selon ses désirs, il n’est pourtant que primate à la merci des torrents indomptables, victime de son handicap physique et de son ignorance. Nous connaissons certes beaucoup de choses sur la faune et la flore marines mais ce n’est toutefois qu’une infime partie de tout ce que les mers, océans et fjords abritent. Mythes et légendes font l’éloge, encore aujourd’hui, de créatures marines fabuleuses, de monstres intemporels assoiffés de sang, de bêtes préhistoriques intemporelles. Le doute subsiste mais la croyance demeure. Même si c’est la présumée fiction qui a frayé le plus efficacement son chemin dans la conscience populaire, la science aussi a fait des avancées et on a retrouvé des animaux cauchemardesques qui, parfois même, étaient toujours vivants, prêts à sévir…

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Piranha

Il va sans dire que c’est le requin qui détient la palme (HA HA!) du prédateur marin ayant suscité le plus de peur chez l’être humain mais pendant que cette crainte injustifiée nous habite, le danger réel nous guette. Prenez garde, voyageurs, aux méduses, aux hippopotames et aux dauphins mais aussi à ces poissons hostiles et voraces que sont les piranhas. Jadis plutôt actifs dans certaines histoires ou films généralement reliés au fleuve Amazone, nous avons tous en tête quelque image caricaturée que ce soit d’un marin englouti par les flots pour n’en ressortir que sous forme de squelette décharné. Le piranha, poisson relativement petit aux dents acérées, est principalement reconnu pour sa voracité et son aspect répugnant. Certaines variétés étant désormais disponibles à l’animalerie du coin, généralement toutes disposées à déchiqueter un petit rongeur et vous laisser le loisir de nettoyer l’aquarium par la suite, il semblerait que la réputation de ce carnivore tel que nous le connaissons se soit grandement estompée… jusqu’à maintenant.

Alors que le cinéma d’horreur des dernières années verse généralement dans la tristesse et la médiocrité, le film Piranha 3D nous offre un récit cauchemardesque à saveur humoristique (à moins que ce ne soit que moi qui aie l’esprit tordu) qui a eu pour effet de favoriser la contraction de mes muscles abdominaux tout en nuisant à ma respiration. Long-métrage prisé par tout mâle qui se respecte et par certaines femelles hors du commun, l’écran est généralement saturé d’effusions explicites d’hémoglobine et/ou de poitrines majoritairement féminines et souvent dénudées. Aussi prude et conservateur sois-je, je ne peux qu’exprimer vivement mon bonheur lorsque l’on expose devant mes yeux ébahis des adolescents (et jeunes adultes) mutilés et des seins voluptueux. Même Gianna Michaels est de la partie afin de glorifier la nudité poitrinaire en trois épiques dimensions.

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Femme intelligente

Cette aventure rocambolesque met donc en vedette un jeune con héroïque, une jeune femme qui ne sert qu’à mettre en valeur les qualités du jeune con, une milf, des gens superficiels et peu vêtus, un scientifique glorieux, un flic noir brutal, un savant fou incarné par Christopher Lloyd et une horde de piranhas préhistoriques affamés. Non seulement vous êtes déjà convaincus mais il y a même une histoire approximativement pertinente pour souder ensemble ces éléments gagnants. En effet, une secousse sismique a pour effet de créer une fissure au fond d’un lac, ce qui le relie à un autre lac souterrain plus grand qui abritait malencontreusement de violents poissons d’un âge révolu qui n’attendaient depuis des lustres que de dévorer Richard Dreyfuss. Chemin faisant, nos amis à nageoires se retrouvent au beau milieu d’un tournage érotique ainsi que d’une foule de joyeux lurons dévergondés qui souillent allègrement le modeste bassin dans le cadre du populaire « Spring Break » américain. Tous les éléments sont ainsi en place afin de nous offrir une heure et vingt-huit minutes de pur délice audiovisuel qui ne peut que rassasier les besoins primaires du téléspectateurs.

À l’instar de la soupe de grand-maman, ce film est un amalgame efficace de toutes ces petites choses qui font en sorte que la vie mérite d’être vécue, soit les seins, le sang, la violence et l’abus d’alcool. Ce drame psychologique d’horreur avec un soupçon de science-fiction nous amène donc, sous le couvert de la facilité, à porter une réflexion sur la fragilité de la vie humaine, sur l’amour, la compassion, l’instinct maternel ainsi que sur notre impuissance, surtout lorsque dans l’eau au milieu d’une foule de gens paniqués entrain de se faire manger par des poissons.

Des fusils et des hommes

Posted in Cinéma, Conscientisation with tags , , , , , , , , , on février 18, 2010 by DarK Rémi oF DooM

3 novembre 1957, Stockholm, Suède: Un homme d’exception voit le jour et rien ne laisse présager qu’il deviendra le héros que l’on connait aujourd’hui. Approximativement 3 ans plus tard, le 18 octobre 1960, à Berchem-Sainte-Agathe, dans la région de Bruxelles-Capitale en Belgique, nait un autre individu exceptionnel qui allait lui aussi devenir l’idole d’un peuple. Individuellement, ces deux titans l’on vénère aujourd’hui sous les noms respectifs de Dolph Lundgren et Jean-Claude Van Damme sont des êtres explicitement supérieurs que l’on peut d’ailleurs comparer à d’autres grands de ce monde tels que, entre autre, Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Genghis Khan et Gandhi. Ceci dit, bien que les spécimens précédents se soient essentiellement démarqués individuellement, Dolph et JCVD ont offert au monde un duo immortel dont la rivalité mythique a puisé sa suprématie dans l’essence même de la virilité et dont le message prophétique fut diffusé à travers la réalisation cinématographique monumentale qu’est « Universal Soldier ».

Apollo Creed

Ennemis jurés jusque dans leurs derniers moments alors qu’ils s’entre-tuèrent sauvagement, ce combat frénétique entre les deux soldats aguerris qu’étaient Luc Deveraux (Van Damme) et Andrew Scott (Lundgren) devait toutefois survivre au trépas des deux antagonistes dont le destin ne fut point scellé par le décès clinique. En effet, les corps meurtris des deux colosses furent réanimés et leurs cerveaux reconditionnés afin de faire partie d’une troupe de choc de parfaits guerriers dans le cadre du projet « UniSols » qui devait faire d’eux des machines à tuer. De fil en aiguille, Jean-Claude reprend partiellement ses esprits et Dolph, dans le cadre de ses fonctions, embrasse pleinement le statut de brute sanguinaire. C’est donc une histoire inspirante, émouvante que celle qui unit des rivaux au-delà de la mort, leur permettant d’accéder au statut prisé de « zombie soldat mutant » afin de perpétrer encore plus violemment leur hostile relation. Évidemment, le Belge était voué à jouir d’une victoire hollywoodienne mais le mérite du bourreau d’Apollo Creed n’en était pas amoindri pour autant, son souvenir intarissable demeurant le moteur persistant de l’espoir car c’est à travers la science-fiction que l’on concrétise l’improbable.

Comme tant d’autres franchises prometteuses qui sont souillées par une mentalité capitaliste, l’intégrité de « Universal Soldier » était voué à être violé pas des êtres impies aux considérations pécuniaires prédominantes mais dont les moyens intellectuels déficients n’allaient en rien servir leurs ambitions. En effet, le chef-d’œuvre de 1992 devait être suivi par deux suites médiocres qui ont cru bon délaisser le directeur et les acteurs d’origine, nous offrant donc un produit versant dans la médiocrité et l’anonymat (exception faite d’interventions troublantes de Burt Reynolds et Gary Busey) qui, si je ne m’abuse, polluèrent toutes deux les téléviseurs nord-américains en 1998 sans passer par les salles de cinéma. Mutilant profondément le moral des troupes, ces deux échecs lamentables ne parvinrent tout de même pas à reléguer aux oubliettes le concept original et 1999 fut l’année qui souligna le retour de Van Damme dans le rôle de Deveraux sous le nom de « Universal Soldier: The Return ». Bénéficiant d’une histoire plutôt pénible qui s’éloignait considérablement du concept original, cet effort fut tout de même tolérable en nous offrant un apport raisonnable en action et en violence, portant à l’écran le populaire lutteur et footballeur Bill Goldberg dont le physique impressionnant et l’attitude bestiale donnaient vie à un adversaire de qualité. Je crois tout de même que l’attrait principal pour ce long-métrage est ce plaisir coupable et nostalgique qui est celui de revoir Jean-Claude dans ce rôle culte.

JCVD

S’ensuivit une période léthargique à travers laquelle naquirent et moururent des rumeurs de résurrection mais les précédents échecs laissaient croire que rien ne pourrait raviver la passion des adeptes du pouvoir originel. Malgré tout, après 10 ans d’absence, des puristes entreprirent de récompenser les porteurs de la Vérité et, contre toute attente, créèrent « Universal Soldier: Regeneration ». En dépit du manque de confiance des studios qui fit en sorte que ce nouveau chapitre n’investit pas les cinémas, l’équipe de production réunit à nouveau Van Damme et Lundgren pour un affrontement ultime généré par une histoire de qualité, sans prétention, qui comporte tous les éléments d’un bon film d’action de jadis. Agrémentant leur arsenal militaire du combattant extrême Andrei « The Pit Bull » Arlovski, les producteurs ont donc mis en place des pièces imposantes sur l’échiquier poussiéreux de la rétro-barbarie.

Dolph

Psychologiquement favorable à l’approbation massive de l’élite masculine, « Regeneration » dose irréprochablement les scènes sociales vis-à-vis des scènes d’action, y allant d’un traditionnel 50/50 (peut-être même 40/60) avec une étonnante fluidité. Même le générique d’introduction est interrompu pour nous offrir meurtres et fusillades agrémentés de kidnapping et d’une poursuite effrénée à travers laquelle de multiples propriétaires de véhicules sont contraints de remplir une déclaration d’assurances. Ceci dit, les armes à feu, bien que fortement appréciées, ne sont que des outils indignes de vrais mâles, ne servant qu’à se débarrasser rapidement de la plèbe afin de passer aux choses sérieuses. Les scènes d’action clé de cette épique épopée se déroulent donc au corps à corps, parfois agrémentées de lames ou de divers objets contondants et généralement métalliques. La seule déception notable réside donc dans ce phénomène psychiatrique reconnu que l’on nomme généralement « manque de Dolph ». En effet, bien que ses passages à l’écran soient impeccables et que ses propos soient parfaitement choisis, Lundgren n’est pas suffisamment présent et, comble du malheur, il n’incarne pas l’opposant final de son ennemi juré. C’est donc Arlovski qui a la lourde tâche de périr le dernier sous les coups impitoyables de J-C, rôle qu’il remplit d’ailleurs à merveille.

Dix-sept longues années se sont ainsi écoulées entre la sortie de « Universal Soldier » et sa suite légitime. Bien que l’on eut adoré une simple scène d’action ininterrompue entre les deux instigateurs de la saga, les personnages de Scott et Deveraux ne font ici que servir une histoire, ce qui est, globalement, beaucoup mieux que si l’histoire avait servit les personnages. Non seulement ce visionnement fut-il une expérience inoubliable mais il fut porteur d’un message inspirant, un message trop souvent oublié selon lequel toute paix est achetée par le sang des soldats, mais qu’au-delà de l’intérêt commun surgissent des rivalités individuelles qui transcendent la cause et alimentent une haine viscérale, parfois (souvent) inexplicable, que seule peut étancher l’accomplissement de la vengeance.

Guerriers des ténèbres

Posted in Cinéma, Conscientisation with tags , , , , , , , , , , on décembre 4, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Dans les ombres de l’Histoire sont tapies bon nombre de mystères, de reliques sacrées, de créatures fantaisistes et d’êtres de légendes. Bien que bardes, scribes et historiens en tout genre propagent au mieux de leurs compétences et leurs intérêts les événements du passé, certains persistent, d’autres se perdent. Il arrive tout de même souvent que, comme pour les vikings, l’Histoire côtoie le mythe, ce dernier faisant invariablement partie de la croyance populaire tandis que les faits ne sont accessibles qu’aux érudits, ne serais-ce parce que cette réalité est parfois trop fade et/ou anodine pour un peuple assoiffé de sensationnalisme. C’est ainsi que les guerriers « shinobi », ces mercenaires du Japon médiéval, réputés entre autre pour l’espionnage et l’assassinat, devinrent éventuellement les ninjas d’aujourd’hui; artistes martiaux masqués aux aptitudes  surhumaines, maîtres des ombres et sanglants meurtriers tout de noir vêtus. C’est d’ailleurs de cette vision fantastique que se sont inspirés les créateurs du film Ninja Assassin dont je ferai maintenant l’éloge.

Ninja Scroll

Ninja Scroll

Fortement inspiré des populaires dessins animés japonais en ce qui a trait à la violence et aux manifestations sanguines, le tout est toutefois enrobé d’un contexte typiquement hollywoodien. C’est ainsi que se déroule un récit martial épique, alimenté par la vengeance et la haine, dans lequel interviennent la « minorité ethnique » empreinte de bonne volonté et le bon policier aux intentions parfois douteuses qui cherche à comprendre, circonspect, la nature des péripéties qui ont court dans une société contemporaine où le terme « ninja » ne cadre que trop mal dans une conversation sérieuse. En dépit des réactions improbables ou des manifestations explicites de compétences insoupçonnées, ce long-métrage ne s’adresse pas amateurs de films de répertoire et d’histoires complexes à haute teneur en philosophie mais plutôt aux adeptes d’action, d’arts martiaux et de brutalité excessive, le tout ne pouvant faire autrement que d’offrir un divertissement de qualité.

Cette image est un bel exemple de ninja en position de combat, en pleine maîtrise de son art, s'apprêtant à égorger sa proie.

Ninja

À l’instar de tous les autres films de ce monde dont le titre inclue le mot « ninja », ce sont les scènes de combat qui donnent à l’histoire son rythme et qui justifie l’ingestion mécanique d’une grande quantité de maïs soufflé. La différence majeure entre Ninja Assassin et les autres sagas du même acabit provient néanmoins de son approche des affrontements en question. Tandis que le ninja moyen se contente souvent de n’être qu’une brute agile dont l’essence ne réside essentiellement que dans son apparence, ceux de Ninja Assassin exploitent les ombres, s’y fondent et n’en sortent que pour porter des coups fatals. Organisation ancestrale et traditionnaliste, le Clan est sans pitié et ne forme que des machines à tuer aux dons mystiques acquis à travers un entraînement rigoureux et des techniques secrètes immémoriales. C’est donc en étant fidèles à ce concept que plusieurs scènes sont volontairement très sombres et que seule brille l’éclat des lames avant que ne jaillisse le sang et que s’écroule la victime dont le regard vide ne reflète encore que l’ignorance de la tragédie. Ce n’est pratiquement que lorsque les vils ninjas s’attaquent au personnage principal, traître à sa Famille, que l’excès se manifeste plus clairement puisqu’il ne s’agit pas que de laisser périr impunément quelques figurants. Ces affrontements jouissent donc de chorégraphies spectaculaires alors que s’harmonisent dans une danse macabre les corps surentraînés des instigateurs de l’inévitable trépas qui agrémentent leur affrontement mortel de passes d’armes fabuleuses, maîtrisant à la perfection les lames acérées, que ce soit sous forme d’épée ou au bout d’une longue chaîne, le tout sous une pluie de « shaken », cette étoile aux quatre pointes affilées mieux connue sous le nom, à tort, de « shuriken ».

Ce survol du film Ninja Assassin n’est finalement pas une critique en soi, ne serais-ce que parce que l’histoire en soi n’a été qu’effleurée, mais plutôt une analyse des facteurs psychologiques qui sont à la source du sentiment de bien-être qu’octroie le visionnement de ce carnage audio-visuel. Il ne s’agit subséquemment pas de ne visionner qu’un film et d’en décortiquer les différents aspects pour bien en comprendre les fondements et les critiquer distinctement mais plutôt d’en considérer la globalité en s’efforçant de concevoir que le but ultime de cette tentative de pertinence qui fait office de mortier aux briques de la mutilation vengeresse n’est en fait qu’un amalgame insignifiant de facteurs clés relatifs à la diffusion à grande échelle de ces troublantes images à saveur asiatique. Le public a manifestement le droit d’être exigeant lorsqu’il paie pour un produit mais il se doit de réaliser qu’une œuvre cinématographique ne suscitant pas la participation du cerveau n’en est pas une mauvaise pour autant.

On y retrouve plus de sang que dans la Bible.

Les suceurs de sang

Posted in Bande dessinée, Cinéma, Conscientisation, Jeunesse corrompue, Sexualité, Société contemporaine, Télévision with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on novembre 26, 2009 by DarK Rémi oF DooM

L’Homme éprouve, par nature, un certain plaisir à entretenir la peur, SA peur. Bien que nul n’éprouve le désir d’être confronté à une situation perturbante, tragique ou horrifique, plusieurs apprécient la culture du mystère et de l’épouvante. C’est ainsi que, généralement à la nuit tombée, les craquements anodins deviennent sinistres et prennent la forme de voleurs téméraires, d’animaux sauvages ou de monstres sanguinaires. Les histoires, contes et légendes abondent et l’esprit humain, aussi malléable que l’argile, donne vie à l’impossible en entretenant l’improbable et l’impossible en toute connaissance de cause. Créatures des marais, esprits frappeurs, extra-terrestres et loups-garous sont donc les vedettes de fantastiques tragédies et sont ensuite amenées au petit écran par les adeptes de l’horreur et de la science-fiction. Certaines bêtes sont toutefois, bien que rarement et pour des raisons obscures (et/ou commerciales), dédiabolisées.  C’est le cas du vampire qui, comme vous avez probablement pu le constater, a récemment développé des caractéristiques elfiques.

Un autre bel exemple comme quoi on ne choisit pas sa famille.

"Évolution"

Bien que le célèbre film Entretien avec un vampire, basé sur l’œuvre de la désaxée notoire Anne Rice, fut un précurseur de la sexualisation vampirique (blâmons Brad Pitt), ce n’est qu’aujourd’hui que nous « profitons » pleinement du phénomène tandis que la jeune femme contemporaine jette son dévolu sur les froids seigneurs de la nuit. Le sombre prédateur aux crocs acérés et à la mine acerbe se voit ainsi affublé du rôle de mâle dominant, bourreau des cœurs et réchauffeur du lit de ces dames. Crions ensemble à la nécrophilie! Mais que s’est-il donc passé entre le Dracula de Christopher Lee et le Edward Cullen de celui qui n’a point fait de vagues dans le rôle de Cedric Diggory?

Véhicule récapitulatif

Véhicule récapitulatif

Utilisant le cinéma comme véhicule récapitulatif, ce médium étant le principal responsable de l’évolution (ou de la dégradation, selon le cas) des classiques de l’horreur, je remonterai donc jusqu’en 1922 avec le film culte Nosferatu. Que l’on ait écouté ou non cet antique long-métrage, l’image du Comte Graf Orlock est devenue légendaire en dépeignant le mort-vivant comme étant répugnant, très théâtral dans sa démarche en agitant ses longs doigts crochus tandis que son visage blême et hideux était encadré d’oreilles pointues et surmonté d’un crâne lisse. Une telle image ne laisse certes aucun doute quant à la nature diabolique de cet être d’outre-tombe et n’a probablement suscité que peu de gémissements de plaisir en dehors des asiles. Ce n’est qu’un peu plus tard, en 1931, que fut popularisée l’image stéréotypée du vampire populaire aux vêtements classiques et à la cape noire doublée de rouge vif à travers le film Dracula, ce personnage prenant le visage de l’acteur Bela Lugosi, figure emblématique de l’horreur, puis de Christopher Lee en 1958. Bon nombre d’acteurs ont certes partagé le costume traditionnel du vampire dont le Comte Dracula est l’émissaire le plus connu mais ces acteurs furent, à mon humble avis, particulièrement marquants.

Mordicus

Mordicus

Encore aujourd’hui subsiste la tradition et, bien que l’emballage puisse changer, le produit demeure le même puisque que le Dracula contemporain est un monstre ignoble sous le couvert d’un gentilhomme. Démarche artistique oblige, d’autres auteurs ont bien sûr amené des visions différemment cauchemardesques des buveurs d’hémoglobine et plusieurs ont tenté de donner un nouveau souffle au monstre qui demeura presque inchangé pendant des décennies. Que ce soit dans les films, les romans, les bandes dessinées ou les jeux de rôle, la définition du terme « vampire » muta et, à l’instar de la courbe évolutive de l’être humain, s’élargit et se sépara en un nombre impressionnant d’interprétations, de variable et de possibilités. Des entités entièrement monstrueuses aux jeunes rebelles violents en passant par les pseudo-zombies et la strige en tentant de ne pas penser à Buffy, le vampire laissa derrière lui les autres rejetons de l’horreur pour se dévoiler au grand jour et devenir un sex-symbol.

En y repensant bien, il y a plusieurs années que le vice s’installe mais rien n’aurait pu me préparer à une caricature de cette ampleur. Tel que mentionné précédemment, Entretien avec un vampire a abordé le sujet d’un point de vue plus « humain » et nous a offert une belle brochette d’acteurs à en faire saliver les jeunes dames. Le statut des dits acteurs transcendait toutefois l’image globale de l’homme aux canines proéminentes mais le concept général du cannibale immortel était tout de même attendri. On vit ensuite apparaître bon nombre de chasseurs de vampires, puis des vampires qui marchent le jour, des vampires qui ne s’enfoncent pas dans la neige et des vampires de l’espace mais le summum de l’originalité revient sans doute au vampire qui brille le jour.

"C'était une erreur de lui offrir une poupée à Noël." se dit-il.

Vampire découragé

On opte donc, aujourd’hui, pour des vampires sentimentaux victimes d’une tristesse infinie n’ayant d’égale que la lassitude que leur procure l’immortalité dont ils sont affublés tandis qu’ils tentent affectueusement de faire fi de leur sombre nature afin de réchauffer leur défunte carcasse grâce à l’amour et la tendresse des vivants sans songer aux conséquences émotivement éprouvantes et dignes d’un toupet en plein visage du flétrissement inévitable de l’élu(e) de leur cœur qui, par souci de la subsistance d’une humanité qui leur est chère mais dont les autres porteurs n’en sont que moins excitants, refuseront invariablement de s’abandonner au péché mortel de l’éternel tourment et se contenteront de nourrir les flammes affamées d’une relation torride mais houleuse à travers laquelle surviendront mille dangers que nul(le) ne saurait tolérer au nom de l’amour. Que l’on m’enfonce un pieu aiguisé dans le cœur et que l’on m’expose à la lumière du soleil!

Loin de moi l’idée de dénigrer la déchéance actuelle de la culture vampirique ni même de blâmer les jeunes dames de ce monde qui, alors qu’elles dénigraient les vibrateurs en métal hier, voudrait s’accoupler avec un vampire demain mais je crois que l’aura d’effroi qui entourait le fétichiste du cou est désormais souillée par la marque indélébile de la romance adolescente et la superficialité. Bien que la célèbre série télévisée américaine True Blood démontre une approche plus mature du sujet (quelle excellente série), c’est la saga Twilight qui engendre le suicide imminent des gothiques de ce monde. Qui plus est, bien que le statut de Frankenstein ne soit pas en jeu, le loup-garou suit de près le Jesse James de la banque de sang et, si la tendance se maintient, je soupçonne que nous aurons bientôt droit à des scènes homo-érotiques de sexe interracial entre ces deux icônes maudites et c’est ce jour là que le calendrier maya a prédit.

Aube rouge

Posted in Actualité, Arnold, Cinéma, Conscientisation with tags , , , , , , , , , , , , , on septembre 15, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Au cours de notre courte vie, nous sommes constamment influencés, inspirés de près ou de loin par divers individus par leurs actes, leurs œuvres et/ou leur attitude. Souvent, on ne s’en rend pas vraiment compte jusqu’à ce que ces gens importants trépassent et que notre réaction nous révèle, à cette nouvelle, à quel point cette personne était importante pour nous. C’est ainsi que, lorsque j’étais jeune, j’ai été ému par la mort de Gerry Boulet et que, éventuellement, je serai complètement atterré par la « fin » (utilisée ici entre guillemets car il ne mourra jamais vraiment) d’Arnold Schwarzenegger. C’est ainsi que, récemment, j’éprouvai une indéniable tristesse à l’annonce de la mort de Patrick Swayze, fantasme récurrent d’un nombre incalculable de femmes tout en étant un modèle impressionnant de masculinité.

N'entre pas qui veut au Double Deuce!

N'entre pas qui veut au Double Deuce!

Bien que sa réputation tourne majoritairement autour d’œuvres dénigrées par le mâle moyen, telles que Dirty Dancing et Ghost, l’homme incroyable qu’est Patrick Swayze a aussi contribué à des phénomènes cinématographiques de qualité tels que Red Dawn, Youngblood, Road House et Point Break. J’irais même jusqu’à dire que dans Dirty Dancing, ce cher Johnny Castle était un danseur tout-à-fait viril et enviable comparativement à Travolta dans Saturday Night Fever et Grease ou même Kevin Bacon dans Footloose, ces guignoles à l’allure douteuse n’étant aucunement de taille face à Swayze et sa gueule de tombeur bagarreur. Pour ce qui est de Ghost, bien que ce soit une histoire d’amour incroyable et qui a atteint le statut de film culte, il n’en demeure pas moins que c’est une tragédie extrêmement sombre qui évolue de manière perturbante en dépit de ses fondements coquets et de la présence humoristique de Whoopie Goldberg. On parle d’un type qui a été abattu par la faute de son meilleur ami à cause d’une histoire d’argent, ce dernier prenant même la peine de draguer abusivement l’innocente Demi Moore aussitôt qu’il en a l’occasion tandis que Swayze, ici connu sous le nom de Sam Wheat, cherche à élucider son propre meurtre tout en entretenant une quête de vengeance, allant même jusqu’à faire à un vieux fantôme débile dans une station de métro afin de pouvoir interagir avec le monde physique: WOW! Chemin faisant, il provoque la mort de son assassin et, finalement, celle de son anciennement meilleur qui, étant des hommes mauvais, sont emportés vers un monde qui ne peut être autrement qu’infernal par des ombres hostiles et effrayantes qui émettent des bruits monstrueux. Film de jeunes filles vous dites? J’en doute.

Considérant que ces rôles sont vraisemblablement ses plus fromagers (traduction libre du terme anglophone « cheezy »), qu’en est-il de ses rôles plus sérieux où il incarne un modèle indéniable et pertinent de courage, de persévérance, de leadership et de brutalité à l’état pur? Les mots me manquent tandis que je suis pris de spasmes en y réfléchissant plus longuement. Road House étant le film de Swayze m’ayant le plus marqué, j’en ferai ici une brève critique constructive et impartiale tout en prenant la peine de mentionner que ses rôles dans les autres films mentionnés ci-haut sont au moins aussi intenses que celui-ci. En bref, on parle ici d’un type qui s’appelle Dalton, un homme émanant d’une assurance certaine et dont le seul regard suffirait à pourfendre un homme aguerri, qui se pointe, peinard, dans le bar miteux d’une ville miteuse afin d’en devenir le responsable de la sécurité à la demande du propriétaire qui veut redorer l’image de son gagne-pain. De fil en aiguille, vivant modestement dans la grange de Sam Elliott (autre acteur dur à cuire) et ne recherchant que l’ordre et la paix tout en ne faisant que son boulot, il développe une certaine animosité à l’encontre du vil Brad Wesley, gros bonnet de la ville qui n’apprécie pas que l’on joue dans ses plates-bandes. Puisque personne ne menace ni ne se joue de Dalton, cet artiste martial émérite décide de régler leur cas à l’immonde Wesley et à sa bande de rustres, arrachant la gorge d’un malfrat à mains nues dans le processus et redéfinissant des géographies anales à grands coups de bottes de cowboy. Si c’est là le profile d’un acteur à l’eau de rose, que l’on me condamne à épiler Christian Slater.

Au fil des ans, je n’ai jamais compris pourquoi Patrick Swayze n’atteint jamais le niveau de Jean-Claude Van Damme (en fait oui, je sais pourquoi mais ce bref texte est un hommage), par exemple, dans la mentalité masculine collective, mais je demeure convaincu d’une chose: Patrick Swayze est un acteur de renom et un icône immortel de la gente masculine contemporaine qui n’a que trop longtemps été relégué au rang d’humidificateur de donzelles (faisant aussi référence aux larmes que ses films ont engendrées). C’est ainsi que j’honore aujourd’hui sa mémoire au nom de ceux et celles qui, à travers les années, ont su l’apprécier à sa juste valeur et profiter de ses violentes aptitudes. Adieu, Patrick Swayze; je porterai un gaminet noir moulant en ton nom.

Ceci n'est pas la légende d'une image mais bien l'image d'une légende.

Chansons à répondre et mutilations non consenties

Posted in Cinéma, Jeunesse corrompue with tags , , , , , , , , , , , , , , , on février 13, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Depuis la nuit des temps (quel début de texte majestueux), l’une des plus grandes faiblesses mais aussi des plus grandes forces de l’Homme est la peur. Ce sentiment, prédominant entre tous, est probablement celui qui se manifeste avec le plus d’intensité. Que ce soit dans une vaine tentative de dissuader les indésirables de quelque acte fortuit ou pour le simple désir de provoquer des émotions fortes, l’être humain développa une forte tendance à susciter volontairement la peur. Loin des bois obscurs peuplés de créatures sanguinaires et des rigueurs de la nature mettant à l’épreuve sa frêle constitution, nos ancêtres ont développé bon nombre de méthodes mettant à profit l’imagination fertile dont nous somme dotés. C’est sur ces bases que se développèrent les religions ainsi que les différentes hiérarchies de ce monde, puis le folklore et autres histoires farfelues recherchant le plaisir de la peur plutôt que son aspect négatif. C’est ainsi que, avec l’avènement du cinéma, bon nombre de films d’horreur donnèrent vie à ces mythes et ces images souvents si abstraits. Plusieurs personnages culte ont d’ailleurs vu le jour grâce à ces long-métrages et l’un d’entre eux, que j’apprécie particulièrement, se nomme Jason Voorhees. (Quelle introduction du tonnerre pour en venir à ça, n’est-ce pas!?)

Jason à la plage

Jason à la plage

En ce vendredi 13 février 2009, le moment est venu pour nous tous et toutes de profiter d’une reprise de ce fabuleux film qu’est « Friday the 13th ». L’univers fabuleux du cinéma américain nous ayant déjà offert bon nombre de reprises de films d’horreur, il leur aura fallu beaucoup de temps pour ramener à la vie le héros du « Camp Crystal Lake ». De mon point de vue, que j’estime être le meilleur, Jason est le plus suprême de cinq êtres cauchemardesques dignes de mention, les quatre autres étant Pin-Head, Freddy, Michael Myers et Leatherface (j’emmerde Chucky). Parmi ceux-ci, Leatherface et Myers ont déjà eu droit à leur remise à neuf et je suis ravi de constater que c’est maintenant le tour de Jason. Ce qui différencie ce dernier de ses semblables est sa nature de justicier, contrairement aux autres dont les actes ne sont généralement que pur sadisme (même si leurs parents sont possiblement à blâmer). En effet, Jason, inspiré par les bons conseils de sa mère, punit les jeunes dévergondés qui osent copuler impunément avant le mariage et consommer de la drogues. De tels gestes sont impardonables.

Prenons maintenant la peine de cibler le personnage. Un colosse mort-vivant à temps partiel avec un masque de hockey caractéristique (bien que le sac lui va toujours à ravir) et dont l’arme de prédilection est une machette initialement arrachée de la main d’un type frustré dont le corps avait délaissé le bras au profit d’un arbre. Que ce soit au camp du lac Crystal d’où il vient ou même dans l’espace (douteux), monsieur Voorhees trouve toujours des manières originales et/ou saugrenues afin de déposséder ses victimes de leur vie avec une touche d’humour. Que ce soit en frappant contre un arbre une jeune femme nue enfermée dans son sac de couchage ou en pliant en deux le shériff (à l’envers), Jason est passé maître dans l’art du massacre, sans oublier qu’il possède certaines capacités de ninja (le texte à gauche est en noir, c’est concept). Il est d’autant plus impressionnant qu’il réussit à avoir une attitude intense et des expressions caractéristiques en ne parlant pas et en ayant toujours le visage masqué. WOW!

Jason attendant l'autobus

Jason attendant l'autobus

Il va sans dire que la barre est très haute pour cette nouvelle génération (surtout en considérant que « Jason X » et « Freddy VS Jason » furent plutôt douteux) mais je suis confiant que mon bon ami Michael Bay *bruits d’explosions* saura nous présenter un divertissement de qualité faisant honneur aux classiques de la série. Quoi qu’il advienne, Jason demeurera un Rambo ou même un Conan de l’horreur et sa simple présence devrait suffir à combler mon besoin viscéral (pour ne pas dire mon besoin de viscères, HA HA) d’horreur à son meilleur. Bref, le moment est venu pour nous tous et toutes de nous précipiter vers la salle de cinéma la plus proche afin de laisser libre cours à nos élans barbares et ce désir de violence qui nous anime. N’est-ce pas? (Pas de morale à cette histoire… ne fumez pas de crack.)

Mourir pour une soupe au requin

Posted in Cinéma, Conscientisation, Société contemporaine, Tranche de vie with tags , , , , , , , , , , on novembre 12, 2008 by DarK Rémi oF DooM

Depuis que l’Homme peut se définir comme étant Homme, les actions de cette créature bipède, dont l’intelligence devrait être le principal attribut, sont souvent régies par la peur. C’est ce sentiment poignant qui a motivé nos ancêtres à évoluer, à s’adapter, leur cerveau primant sur les piètres qualités physiques de notre race, tentant incessamment de repousser les limites de des faiblesses qui nous rendent si vulnérable. La peur du noir, des animaux sauvages, des phénomènes pourtant naturels qui apparurent jadis comme étant divins. Plus l’être humain gagnait en intelligence, plus l’instinct était délaissé au profit d’autres préoccupations que les lois mêmes de la Nature rendent futiles. De l’intelligence sont nés les questionnements, l’imagination, la spéculation, le langage. C’est ainsi que l’Histoire porta avec elle son lot de mythes et de croyances collectives. Avec le temps qui s’écoulait des peuples naissaient et mourraient, la nature changeait par elle-même ou par l’intervention humaine, l’univers conscient était constamment révolutionné par diverses découvertes! Pourtant, alors que la terre ferme subissait nos caprices nos réalisations, la mer abritait la créature la plus parfaite à ce jour: le requin. 

Grand Requin Blanc

Grand requin blanc

Tandis que l’imperfection de la race humaine la forçait à sans cesse se renouveler, ces hostiles créatures hantaient déjà les océans depuis plusieurs millions d’années, étendant bientôt leur domination jusqu’à nos pires cauchemars. À travers les siècles, plusieurs créatures ont été victimes de notre peur et de notre ignorance, principaux témoins de notre esprit créateur qui s’avère particulièrement efficace lorsque vient le temps de l’appliquer à détruire. Certaines raisons ont fait en sorte que plusieurs de ces espèces sont désormais protégées par des lois internationales et des individus bien intentionnées, repentants des erreurs de jadis, s’efforcent de protéger notre planète et les espèces qui la peuplent. Toutes les espèces n’ont toutefois pas cette chance. Tandis que l’opinion publique est attendrie par l’aspect tellement tendre et amical des pandas et des bébés phoques de ce monde, qui se soucierait de défendre ces affreuses créatures mangeuses d’hommes que sont les requins? 

C’est le visionnement du documentaire intitulé « Sharkwater »qui m’incite aujourd’hui à partager avec vous ces tristes réflexions que mon humour habituel semble avoir délaissées quelque peu. C’est au cours d’une discussion portant sur l’adaptation au cinéma d’un roman de science-fiction traitant des préhistoriques « mégalodons » (requins géants aujourd’hui disparus) avec mon bon ami Éric que ce dernier m’a fait l’éloge du dit documentaire que je m’empressai de visionner. Rien (outre, peut-être, un avertissement concret) n’aurait pu me préparer à un tel choc moral. Mon esprit étant corrompu depuis belle lurette quant au statut des requins et leur légendaire férocité, je ne m’attendais ici à rien d’autre que de belles images sous l’eau avec, en vedette, des requins (évidemment) et autres bestioles sous-marines avec qui
Aquaman pourrait communiquer gaiement. 

Le but initial de ce documentaire est donc de démystifier l’image du requin dans l’imaginaire collectif qui

Requin amical

Requin amical

perçoit cet imposant poisson comme un diable marin. Contrairement à la croyance populaire, il semblerait en effet que le requin ne soit pas plus hostile à l’être humain que bon nombre de créatures marines ou terrestres. Ce monstre de la mer serait même très timide et a tendance à s’éclypser rapidement lorsqu’il y a présence humaine. C’est surtout la tendance marquée pour la dramatisation et le sensationnalisme de nos amis les journalistes qui nous porte à craindre pour nos vies lors de baignades dans les eaux salées, se remémorant les histoires vraies du « Reader’s Digest » dans la salle de bain chez tante Gertrude (nom fictif) et le film « Les dents de la mer » (« Jaws » pour les intimes). Les statistiques démontrent pourtant que les attaques de requins sont très rares et qu’il est d’autant plus improbable que les victimes en meurent. Ces mêmes statistiques prouvent même que vous avez plus de chance d’être tué par un éléphant que par un requin. Même les dauphins sont plus meutriers que les requins (sans parler de la honte qui doit être très présente avant de succomber des blessures causées par un dauphin). INCROYABLE! Je crois donc qu’il y a deux facteurs dominants qui influencent notre raisonnement : Premièrement, la laideur et l’air menaçant de l’accusé (ça ne compte que pour un) font en sorte que nous les haïssons instinctivement. En dépit du bon vouloir de quelques illuminés, c’est important dans la vie d’être beau. Deuxièmement, les primates terrestres peu hydrodynamiques et pubescents (merci au Détracteur Constructif pour avoir agrémenté mon vocabulaire de ce merveilleux terme) que nous sommes avons une flagrante incapacité à se déplacer avec aisance sous l’eau. Notre impuissance en milieu sous-marin nous rend donc beaucoup plus prompts à laisser la peur nous envahir. 

Coquin requin marteau

Coquin requin marteau

Ceci étant dit, le message véhiculé par ce film est beaucoup plus large et incitatif à la conscientisation. Rendus plus réceptifs et compatissants à la cause des requins par une introduction très bien amenée, le plongeur/photographe/biologiste Rob Stewart (ne pas confondre avec Rod), génie derrière « Sharkwater », nous amène dans un monde complètement nouveau, expliquant les différents impacts engendrés par la décimation actuelle des populations de requins dans nos océans, en profitant pour faire des parallèles avec d’autres créatures marines qui sont victimes des pratiques barbares des braconniers. À certains moments, on se croirait presque au coeur d’un film de mafia et d’espionnage. Ce n’est malheureusement que la triste vérité qui est ainsi présentée à nos yeux et non le fruit d’une imagination trop débordante d’un enfant ayant mangé trop de chocolat en écoutant « Terreur sous la mer » et « Le Parrain » avant d’aller au lit. Certaines scènes sont très difficiles à regarder, particulièrement une séquence où l’on voit des pêcheurs illégaux couper les nageoires et ailerons des requins aussitôt qu’ils sont sortis de l’eau pour ensuite renvoyer à la mer les carcasses encore vivantes de leurs victimes qui n’ont d’autre choix que de terminer leur vie au fond des eaux qui, quelques minutes plus tôt, étaient leur territoire de chasse. Ce film rassemble donc plusieurs images choquantes, des témoignages révélateurs et des informations essentielles à une bonne compréhension du monde qui nous entoure. Puisque la cause environnementale nous concerne tous et toutes, il est de notre devoir d’être renseigné et de poser des gestes concrets non seulement pour notre propre bien mais aussi pour celui de la faune et de la flore. 

Pour terminer, je suis très conscient du fait que je n’ai qu’effleuré le sujet qui est à l’origine de ce billet mais c’est parce que je crois que mes mots sont bien peu de choses en comparaison des images et des messages poignants dont ce documentaire est constitué. Peut-être n’ai-je pas réussi à influencer votre opinion sur les requins et peut-être n’écouterez-vous jamais « Sharkwater » mais j’ose espérer que vous êtes conscients des horreurs commises chaque jour dans le monde et de la nécessité de préserver notre milieu de vie. Je ne suis pas un hippie, je continuerai d’être un fier omnivore mais je sais que l’on a dépassé depuis longtemps les limites de la nécessité. Pensez à ce que vous ressentiriez si on assomait votre animal de compagnie avec une tige de fer et qu’on lui arrachait la peau alors qu’il est encore vivant. Si c’est le genre de chose qui vous indiffère, taisez-vous et quittez ces lieux en vitesse avant que je ne vous castre tel un boeuf de boucherie.