Archive for the Récits fabuleux Category

À pas de biche

Posted in Récits fabuleux with tags , , , , , on janvier 24, 2011 by DarK Rémi oF DooM

Puisque La Kaverne est soudainement devenue un havre élitiste restreint, je rapatrie ici mon œuvre à la demande du peuple.

La biche, frêle créature des bois au regard réputé que l’on associe à tant de coquettes expressions, est une bête relativement attendrissante, somme toute banale, que l’on pourrait d’ailleurs être porté à associer à Bambi. Sans être un animal prisé par la gente féminine, la femelle du cerf est aussi bien loin d’être synonyme de force et de virilité. Pourtant, tandis que d’autres animaux explicitement brutaux tels que le couguar, le grizzly, le sarcophile et la taupe ne bénéficient d’aucun objet de culte, on a décidé de glorifier la biche en lui attribuant l’outil essentiel du mâle alpha: le pied-de-biche.

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Pied de biche

Le pied-de-biche, communément appelé « barre à clous », est une tige métallique à tête aplatie et fendue dont l’utilisation est généralement associée à l’arrachage de clous mais faisant souvent office de robuste levier. Cet outil fut inventé suite à l’échec retentissant d’un menuisier qui, soucieux d’améliorer son rendement, tenta de dresser une biche pour qu’elle extirpe les clous de vieilles planches réutilisables grâce à sa physionomie particulière pendant que l’ouvrier vaquait à d’autres occupations. Le pauvre cervidé était toutefois très limité par ses capacités physique et son intelligence animale, ne parvenant ainsi qu’à retirer quelques rivets avant de geindre et/ou manger les plantes et/ou partir gambader dans les prés. Fou de rage suite à tant d’efforts vains, l’ébéniste arracha les jambes de la pauvre biche avant d’en jeter la carcasse aux crocodiles. S’emparant de l’une des pattes ainsi libérée, l’homme se mit donc à arracher les clous de ses vieilles planches à une vitesse impressionnante tout en hurlant à la triste biche agonisante à quel point cette tâche était simple. Procédant de la sorte, il réalisa soudain le génie derrière son geste; il venait d’inventer le tout premier pied-de-biche.

La nature étant ce qu’elle est, cet outil fabuleux était toutefois malodorant et se détériorait rapidement. Puisque le marchand de biches était sur le point d’être en rupture de stock, l’ingénieux menuisier devant donc trouver une alternative. Faisant appel au forgeron du village, cet artisan jadis méconnu vit naître le premier pied-de-biche en métal, copie conforme d’un pied de biche, qui fut ensuite produit à petite échelle, vendu, modifié, amélioré pour ainsi devenir l’objet de culte que l’on connait aujourd’hui. Ceci dit, le côté ouvrier de l’item en question n’aurait probablement pas suffit à ce qu’il atteigne une telle notoriété et c’est plutôt la dimension destructrice de l’objet qui a accentué la présence chez l’homme de tradition (et/ou sous le matelas de la femme apeurée).

Bien que le pied-de-biche ne fut que très peu utilisé sur les champs de bataille à travers les temps, les armes plus spécialisées étant favorisées par les troupes militaires, la « barre à clous » se tailla une place de choix dans l’arsenal du citoyen aux côtés de la pelle ronde, la batte de baseball et la hache. Disponible en plusieurs tailles et modèles, le pied-de-biche est idéal pour assommer et/ou désarticuler les voleurs ainsi que pour mutiler les jeunes voyous. Ses fonctionnalités multiples, son apparence conviviale et son format généralement pratique en font une arme de choix lorsque vient le temps de magasiner ou de faire une ballade en forêt. En ville comme à la campagne, le pied-de-biche est donc l’ami du consommateur averti. Son prix abordable est aussi, évidemment, un critère notoire lorsque vient le temps de faire des rénovations et de protéger sa famille.

Malgré son origine particulière et ses nombreuses qualités, le pied-de-biche demeure toutefois méconnu et souvent boudé par les gens sensibles qui ne voient en ce miracle technologique qu’un bout de métal barbare. À l’instar du Jack Daniel’s, le pied-de-biche est reconnu par tous, adoré par peu et vénéré par l’élite. Pittoresque instigateur de violence vanté tout spécialement par le cinéma, sa légende perdurera lorsque le dernier clou sera poussière.

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Conte de Noël

Posted in Conscientisation, Récit épique, Récits fabuleux with tags , , , , , , , , , on décembre 14, 2010 by DarK Rémi oF DooM

Le vent du nord soufflait inlassablement, depuis plusieurs jours, alors que la neige inondait un ciel d’acier. Le soleil s’était éclipsé à la veille de l’hiver pour ne plus jamais revenir et la lune furtive ne contribuait qu’à diffuser quelques ombres sinistres lorsque les nuages daignaient en laisser filtrer une froide lumière. À la fin de l’automne, en cette forêt sans nom, le chant des oiseaux s’était tu pour ne laisser place qu’au cri strident des corbeaux. Ce sont d’ailleurs à ces cris hargneux que se joignirent les pleurs de ceux et celles qui retrouvèrent les corps pendus de leurs enfants aux abords de la forêt, en ce jour fatidique qui vit aussi disparaître l’astre solaire. Nombreux furent ceux qui, depuis, empruntèrent l’unique chemin sillonnant ces bois obscurs en quête de vengeance mais nul ne revint pourtant. C’est d’ailleurs sur ce même chemin, couvert d’une neige épaisse, que se dessinaient, l’espace d’un instant avant d’être balayées par la tourmente, les traces d’un vieil homme qui avançait avec peine. Les épaules voutées, s’appuyant lourdement sur une canne grossière, le vieillard évoluait lentement. À quelques reprises il se sentit observé mais il était difficile, même en plissant les yeux, de discerner quoi que ce soit au milieu de cette tempête. Déterminé, il persista.

Immobile, le prédateur était à l’affut. Attendant patiemment la proie qu’il avait devancée quelques moments plus tôt, il était une fois de plus déçu que nul héros ne se soit manifesté suite aux abominations précédemment perpétrées par ses bons soins. Berçant quelques rêves de gloire, l’assassin aurait aimé ajouter au nombre de ses trophées une figure de renom mais ces terres éloignées n’offraient guère mieux que quelques fermiers et, au mieux, des chasseurs compétents. Avec un peu de chance, cette vieille carcasse que l’âge risquait d’emporter avant que ne s’abatte sa lame était peut-être le grand-père d’un héros quelconque qui viendrait à son tour chercher la justice pour ne trouver que le dernier repos. Qui que soit cet individu et indépendamment de son arbre généalogique, il devait maintenant mourir. Le sang devait couler et c’est pourquoi l’étrange coutelas de l’assassin anonyme allait bientôt mordre la chair de son impuissante victime.

Dissimulant un rictus carnassier derrière un masque de velours ivoirin ne dévoilant que des yeux brillants de folie, le rôdeur fondit sur cette énième victime, anticipant déjà le repas chaud qu’il allait ensuite pouvoir déguster. Alors que s’enfonçait jusqu’à la garde la dague fatale dans la silhouette voutée, le malfrat qui la tenait fut surpris de rencontrer si peu de résistance. Constatant qu’il ne venait en fait de ne pourfendre que l’air revêtant un manteau, il sentit une légère pression sur ses tempes alors que sa tête effectua, bien malgré elle, un pivot de cent quatre-vingt degrés. Sa dernière vision fut donc cette d’un homme colossal, torse nu, dont la musculature impressionnante jurait avec son visage souriant orné d’une épaisse barbe blanche. Un rire tonitruant parvint aussi brièvement à ses oreilles avant que son corps ne soit bercé par la neige et que sa vie le lui échappe.

Récupérant son manteau troué et s’emparant de l’arme de son assaillant, Adjutor le Jovial reprit la route, cette fois avec un pas vif puisqu’il n’y avait plus personne à berner à proximité. Apercevant des vautours étonnamment persistants qui tournoyaient dans le blizzard, il s’engouffra ensuite dans la forêt, quittant la sécurité relative que lui procurait la route, afin de découvrir ce que signifiait ce sombre présage. Vétéran des neuf guerres de Twökzarzöz et pourfendeur du Ghearifhü, le héros au cœur pur évoluait à travers les arbres tel un orignal en rut, soucieux d’annoncer sa venue aux ennemis potentiels. S’approchant de plus en plus de son objectif, il ne fut donc pas surpris de déceler la présence de vigiles. Dégainant la hache runique du roi des géants de Jotunheim, il décapita d’une simple flexion du poignet le premier garde, ce qui alerta immédiatement les autres, qui se précipitèrent vers le nouvel arrivant tel un seul homme, encapuchonnés et armés de knouts. Bien que les couinements douteux qu’ils émettaient en se battant furent plutôt désagréables, Adjutor ne se laissa pas distraire et brandit sa hache avec force, coupant en deux le premier offenseur et décapitant prestement le second. Plus prudents les vingt-neuf autres lascars encerclèrent le champion des opprimés et prirent soin d’éviter la lourde hache, espérant essouffler celui qui venait de trancher trois des leurs. Remarquant leur stratégie, le bucheron festif projeta sa hache vers un hostile luron pour ensuite abattre avec dextérité son point sur le visage d’un ennemi situé derrière lui. S’attendant à rencontrer un visage humain ainsi caché par les capuchons des ennemis, le fléau des rongeurs de Tchwarznök fut surpris d’écrabouiller le museau de ce qui s’avérait être un survivant de la peuplade oubliée des hommes-ratons! Leur subterfuge étant mis à jour, les créatures délaissèrent donc leurs armes et vêtements afin d’attaquer avec griffes et morsures mais il était trop tard. Les yeux injectés de sang, Adjutor fut envahit par la rage du berserker en se rappelant d’une tragique aventure où il fut dépouillé de ses victuailles par les ignobles ratons. Lorsqu’il reprit conscience, il surmontait une montagne de cadavres, n’étant que légèrement blessée et constatant qu’une femme nue était couchée près de lui, agrippée à sa jambe. Cette dernière lui révéla qu’elle avait été capturée par ces ignobles mammifères omnivores, lesquels lui lançaient hargneusement des miettes de pain alors qu’elle était ligotée à une chaise de piètre facture. Ce furent malheureusement ses dernières paroles avant qu’elle ne fût emportée par l’hypothermie. Ému, Adjutor l’enveloppa d’une toison d’or et la lança dans le soleil afin qu’elle soit purifiée.

Lorsqu’il parvint enfin à rejoindre le lieu survolé par les volatiles précédemment observés, le barbare triomphant fut sidéré d’y trouver un arbre titanesque et verdoyant duquel émanait une aura mystique teintée de rose qui pulsait étrangement. S’approchant suspicieusement de l’abomination à l’apparence végétale, le sauveteur des orphelins de Gorthoth fut alerté par son instinct de conquérant lorsque plongèrent vers lui les vautours présumés qui n’étaient autres, en fait, que de vils ptéranodons! Alors que son regard perçant suffit à carboniser la première créature ailée, il fit jaillir d’une mystérieuse besace un glorieux trébuchet qui lui permit d’anéantir les mesquins attaquants en leur projetant des projectiles glacés. Rangeant ensuite sa machine de guerre et se concoctant un préhistorique ragout afin de regagner ses forces, le vengeur triomphant s’approcha à nouveau de l’arbre qui était en fait un formidable tentacule qui jaillissait impétueusement d’un vortex cosmique dont l’illusoire apparence végétale fut révélée par l’œil flottant d’Arzinorxät qui revêtait lui-même l’apparence illusoire du pompon de la tuque d’Adjutor.

Alors que ce dernier s’apprêtait à trancher net sa répugnante découverte, le vortex s’agrandit pour laisser place à un bipède reptilien vêtu de blanche fourrure siégeant dans un traineau volant enflammé tiré par des étalons squelettiques. Rejoignant les cieux à une vitesse fulgurante, la bête écailleuse fit appel à ses pouvoirs abyssaux afin de projeter vers le vaillant héros d’infâmes sphères ténébreuses. Déviant in extremis les pernicieux projectiles avec l’aide de son bouclier forgé dans les flammes sacrées du volcan de Krilpzäk, le défenseur de la veuve et de l’orphelin s’apprêtait à sauter vers son rival mais des appendices interstellaires étaient apparus là où les projectiles sphériques avaient heurté le sol et retenaient maintenant au sol l’homme velu et circonspect, libérant à son contact des spores empoisonnés. Fier de sa déshonorable stratégie en voyant s’écrouler au sol son opposant, l’antagoniste écailleux sauta de son traineau, tombant des nues avec sa lance acérée pointée vers le cœur du vieil homme. Contre toute attente, sa lance se brisa en pénétrant le corps inerte de l’hominidé agonisant, faisant jaillir des étincelles de la plaie au contact d’un cœur bardé de fer. Projeté au sol, médusé, l’homme-serpent vit se relever Adjutor l’Immortel alors que se liquéfièrent les pédoncules qui le retenaient. Figé par la peur, l’archimage intergalactique attendit une fin qui ne tarda point à se manifester lorsque le poing ganté de blanc du barbu rieur s’abattit contre son faible crâne, faisant jaillir le contenu de son crâne sur un arbre voisin.

Puisqu’aucune menace le lui barrait plus la route, le brutal champion arracha de sa source stellaire le tentacule géant qui se flétrit aussitôt, alors que des tréfonds infinis de l’espace jaillit une indescriptible tonalité monstrueuse que nulle absence d’air ne saurait faire taire. Faisant appel à la foudre divine, Adjutor pulvérisa le membre fraîchement arraché avant de s’afférer à clore la porte d’où provenait cette abomination. Utilisant les connaissances acquises auprès des nains sauvages de la tribu de Böldötök, le versatile guerrier procéda à la mise en place d’un rituel secret impliquant l’ingestion de bière ainsi que des chants grivois dans une langue oubliée qui lui permirent de parvenir, heureux, à ses fins, rompant par le fait même le maléfice qui avait chassé le soleil. Une fois sa mission accomplie, il découvrit que c’est en fait le sang des victimes innocentes qui permettait d’alimenter le portail spatio-temporel dont la dimension était directement liée à la force vitale disponible, n’ayant jusqu’à maintenant permis aux cultistes néophytes de ne faire passer en cette dimension qu’un unique tentacule de leur divinité.

Après avoir pris possession des fourrures immaculées du feu reptile, Adjutor s’en fit de chauds habits qu’il teint avec le sang des victimes de cette folie afin de se rappeler la nature de sa quête, ne laissant en blanc que les bordures de ces morbides vêtements, symboles de la pureté qui endiguait la calamité. Se tournant ensuite vers le véhicule hétéroclite du cadavre dénudé, il s’en empara et le conduit dans le soleil, l’esprit de la jeune femme purifiée contribuant à rompre le maléfice qui liait le chariot à ce monde, le transformant en traineau de platine alors que les macabres montures firent changées en rennes volants. Retournant vers ses amis nains pour leur faire part de sa récente aventure et de ses tristes appréhensions, Adjutor parcourut ensuite le monde afin de repousser les forces du mal, développant par le fait même une forte panse à force d’ingérer les quantités de bière nécessaires à la réalisation de rituels fabuleux. Les nains de Böldötök devinrent éventuellement perçus comme des lutins artisans et Adjutor adopta le nom de Père Noël, s’occupant essentiellement des enfants, mais ceci est une autre histoire…

Les chevaliers d’émeraude

Posted in Botanique, Conscientisation, Récits fabuleux, Société contemporaine, Tranche de vie with tags , , , , , , , , on juin 10, 2010 by DarK Rémi oF DooM

Chez l’être humain moyen, la vue est un sens primordial qui est souvent le premier contact qu’une personne a avec une entité X, l’ouïe arrivant bonne deuxième, selon une étude sérieuse menée par moi-même dans le cadre d’une brève réflexion. Chaque objet, créature, individu qui est ainsi perçu est ainsi analysé par le cerveau afin de porter un jugement oscillant entre l’appréciation et le dégoût, s’arrêtant souvent au passage sur l’indifférence. Étant moi-même prompt à dispenser à la populace mon sage jugement, mon troisième œil voit toutefois généralement le « être » au-delà du « paraître ». Bien entendu, l’apparence est souvent instigatrice d’un premier contact puisque les gens aiment diffuser visuellement ce qu’ils sont intérieurement. On constate par le fait même que plusieurs personnes sont fades et anodines, régies par la masse, sans personnalité propre. Il y a toutefois bon nombre de coquins qui affichent une intéressante marginalité et il m’est régulièrement arrivé de discuter longuement avec un inconnu après avoir émis un commentaire sur son gaminet aux couleurs d’un groupe de musique pertinent ou d’un film fabuleux, par exemple. Chaque être juge donc ses pairs et fait un tri instinctif qui lui permet de se rapprocher de ses semblables. Nul n’y échappant (sauf peut-être ceux qui ne côtoient que des aveugles), je suis donc moi aussi victime du jugement discutable du roturier et c’est pourquoi je m’insurge aujourd’hui.

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La marque du Malin

Alors que le citadin conventionnel ne recherche pas d’interaction avec l’inconnu en l’absence de contexte, le vendeur se nourrit des clichés afin de cibler la clientèle et de l’amener à sombrer dans le piège de la consommation. J’illustrerai donc cette idée en me servant d’une histoire vécue qui m’horripile encore aujourd’hui. Étant un matérialiste convaincu, je suis souvent appelé à chasser en milieu urbain avec l’aide de l’arme redoutable qu’est ma carte de crédit, cette lame vicieuse à double tranchant. Cette activité somme toute normale m’amène à me manifester publiquement, le torse bombé afin de mettre en valeur les convictions rétro-gardistes qui masquent la virilité de mon poitrail, ma chevelure soyeuse portée par les vents nordiques alors que ma barbe longue contribue à la sévérité de mon visage impassible, la quête solitaire de gibier accentuant mon hostilité naturelle. C’est donc cette image de guerrier nordique à la démarche souple (je m’aime) que définit rapidement le représentant de Québec Loisirs avant de m’interpeler joyeusement en vue de m’offrir de joindre sa perfide organisation afin de bénéficier d’ouvrages de qualité comme… Les Chevaliers d’Émeraude.

La conscience collective semble faire en sorte que les cheveux longs (facteur physique primaire analysé dans le cadre de cet exposé), en prenant en considération certains facteurs vestimentaires, géographiques et hygiéniques, représentent principalement trois types de personnes: les « métaleux »,  les « geeks » et les hippies. Si on pense au prix d’une coupe de cheveux de nos jours, on pourrait aussi intégrer les pauvres à l’équation mais passons. Faisant personnellement partie de deux de ces trois catégories, j’attire ainsi une faune diversifié ainsi que des regards interrogateurs au quotidien. Assumant pleinement mon statut de « métaleux geek viking pseudo-hippie », je fus contraint de développer certains mécanismes de défense et c’est pourquoi je suis aujourd’hui en mesure de composer avec les prédateurs tels que les vendeurs de Québec Loisirs.

Non

Tout d’abord, je n’ai pas lu et n’ai aucune intention de lire Les Chevaliers d’Émeraude. Cette série de livre, fierté présumée de la communauté littéraire fantastique québécoise, me répugne au plus haut point. Lors de la sortie du premier livre, j’ai lu le synopsis et j’ai rapidement jugé que cette histoire versait dans la médiocrité. J’ai lu une quantité incroyable d’œuvres fantastiques et celle-ci ne m’a pas attiré outre mesure. Facteur psychologique involontaire de rébellion anticonformiste, j’ai aussi tendance à me dissocier des lectures populaires, ce qui fait que je n’ai pas lu Harry Potter, ni Twilight, ni Le Code Da Vinci. Tout aurait pu cesser à ce moment précis mais je suis constamment harcelé et confronté alors que fusent de toutes parts les commentaires élogieux à l’égard de ces livres que ma chevelure devrait pourtant me faire apprécier. Le simple fait que l’on tente de m’inciter à faire la lecture de ces récits contre mon gré m’incite d’autant plus à m’en éloigner. Parlez-en à mon père qui, sage parmi les sages, comprit rapidement que la rémunération (et plus tard l’alcool) était le meilleur moyen de me convaincre, l’approche psychologique subtile de ce grand homme faisant en sorte que j’estimais accomplir des tâches ménagères par bonne volonté et non parce que j’y étais forcé (ce qui était bel et bien le cas mais qui ne lui enlève pas pour autant le mérite d’avoir entretenu une approche impeccable). J’ai un sérieux problème avec l’autorité, ce qui fit probablement sorte que l’adepte du monde militaire que je suis ne fit pas long feu dans les cadets de l’armée de terre, obtenant quand même le titre de cadet du mois à deux reprises sur les quatre mois que constituèrent ma carrière de sous-fifre aux habits impeccables et aux bottes reluisantes, mais je m’égare.

La lumière ayant été faite sur ma haine illégitime des Chevaliers d’Émeraude, je peux maintenant me concentrer sur le dénigrement de Québec Loisirs. Ce culte, connu de la masse comme étant un vulgaire distributeurs de livres et autres artifices, est en fait une puissante organisation corrompue par le vice au même titre que La Maison Columbia. Faisant miroiter chez les crédules la possibilités de richesses culturelles infinies, les titres de qualité s’épuisent rapidement et les victimes de cette vipère commerciale ne réalisent que trop tard que l’attrait initial de ce club sélect n’était en fait que le chant d’une sirène alors que l’attrayante beauté lointaine n’était en fait autre qu’un hameçon maléfique qui amène inexorablement sa proie vers un monde de cauchemars mettant en scène des monstres tentaculaires faisant office de bourreaux sexuels. En effet, le ou les livres qui engendrent l’abonnement sont en fait les seules œuvres dignes d’intérêt pour un lecteur qui, confiné dans cette prison de verre, s’avèrera victime de ses engagements et investira des sommes précieuses en vue d’obtenir des produits médiocres faisant partie d’une sélection minable et sans variété. Les experts ont calculé que l’argent ainsi dilapidé vainement équivaudrait, chaque année, à plus de 50 bières par individu, les sous devant servir à l’acquisition de ce précieux nectar ayant plutôt contribué à la destruction de forêts, à la propagation de textes insipides et à la promotion d’artistes indignes.

Alors que les centres commerciaux et l’univers d’Internet fourmillent de trésors et d’aubaines en diverses langues et éditions, il est absurde, de nos jours de s’attacher soi-même au gibet de la consommation forcée, cet acte de masochisme lâche et passif étant aisément évitable. Il est aussi légitime et encouragé de véhiculer une image que l’on aime sans toutefois accepter que les vautours capitalistes se servent de cet acte d’extériorisation valorisante afin d’abuser de la volonté de chacun de s’épanouir dans un univers constitué d’êtres qui partagent nos passions et intérêts. Qui se ressemble s’assemble, alors vous ne voulez probablement vous « assembler » avec des rapaces, n’est-ce pas?

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Afin d’appuyer cette argumentation critique, j’ai décidé de créer une nouvelle section de liens intitulée « Récits fabuleux ». Cette catégorie sera dédiée à mes élans littéraires fictifs qui, bien que rares, existent toujours dans certaines archives secrètes. Sauvés des archives de Pompéi par Jean-Claude Van Damme suite à une aventure rocambolesque à travers le temps et l’espace, ces textes sauront vous charmer par leur dimension philosophique, leurs épopées farfelues et les diverses critiques sociales avant-gardistes qui y sont dissimulées. Comme première entrée, je partage avec vous une coquette pièce de théâtre intitulée « L’apogée des cactus », que j’ai réalisée dans le cadre d’un travail d’équipe en littérature au Cégep de Jonquière, le simple fait de mentionner que j’ai eu une excellente note pour ce travail entachant puissamment la crédibilité de cet établissement. Vous constaterez ainsi que je dénonce le fléau qu’est Québec Loisirs depuis plusieurs années déjà. Ensemble, nous vaincrons.