Archive pour bacon

Désirs porcins

Posted in Conscientisation with tags , , , , , , on novembre 3, 2010 by DarK Rémi oF DooM

Tandis qu’un fermier néerlandais se réveille au chant du coq, couché en cuillère avec sa bienveillante truie prénommée Ghyslaine, j’imagine plutôt cette dernière sous une forme différente, plus appétissante. Les plaisirs de la chair sont variés et l’isolement engendre d’étranges interactions avec le monde animalier mais je suis un homme d’action est il est important pour moi de charcuter des bêtes afin de m’en nourrir. Bien qu’étant un ami des animaux qui apprécie la compagnie des créatures de la forêt, je suis sans pitié lorsqu’il s’agit de me repaître d’une pièce de viande bovine ou de me délecter d’un poulet (dont j’ai abusé sous forme de croquettes, point sexuellement toutefois). Le baloney m’en soit témoin, j’ai besoin de viande pour vivre et je m’oppose à tous ceux et celles qui s’opposent à l’ingestion de cadavres. Malgré tout, suite à une réflexion philosophique approfondie à laquelle j’ai pris part alors que je bravais les flammes intransigeantes de la mort pour venir en aide à des orphelins, j’en suis venu à la conclusion que si un événement cataclysmique me forçait à devenir une version améliorée de Noé dont le bateau n’aurait de place que pour une seule espèce animale, la majeure partie de l’espace étant déjà occupée par des armes, de l’alcool et de la pornographie, je sauverais les cochons.

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Bacon

Succulent sous plusieurs formes, le porc est un animal relativement répugnant (et rose), ce qui limite les remords suite à son exécution. Une fois l’animal occis, on peut en extraire une viande abordable et succulente dont l’apogée gustative est évidemment incarnée par le bacon, les entrailles et autres rebuts constituant une savoureuse recette de saucisses à « chiens chauds ». Malgré son indéniable versatilité, c’est toutefois à travers le bacon que le porc acquiert son enviable notoriété, cette divine charcuterie étant vénérée depuis des siècles par diverses créatures. Son indescriptible goût s’apparentant à l’incarnation physique du bonheur n’a d’égal que son odeur persistante qui, lorsque diffusée par une coquette cuisson, embaume l’air d’une ambiance festive. Bien que cette technique aie échouée durant les grandes croisades pour des raisons qui demeurent obscures, on soupçonne le bacon de bénéficier de propriétés chimiques et/ou mystiques qui pourraient générer la paix dans le monde.

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Kevin Bacon

Le bacon a laissé sa marque dans diverses époques et a participé, à différents niveaux, à plusieurs événements marquants de l’Histoire ainsi qu’à des récits légendaires ou bibliques. De la trahison de Judas à la Seconde Guerre mondiale en passant par le rejet du verrat par Mahomet et par les grandes croisades, le bacon fut à la source de nombreux conflits d’envergure mais devint aussi la pierre angulaire du développement de la biologie et de la philosophie. On estime d’ailleurs que les impacts négatifs attribués au bacon le sont à tort, puisque reliés à son absence plutôt qu’à son intervention directe.

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Baudroie Abyssale

La haine et l’incompréhension sont au cœur de nos vies et nous sommes trop souvent dépassés par les événements. C’est dans un contexte socio-économique berçant dans le pessimisme, dans un monde rongé par la guerre, la stupidité, la télé-réalité et la religion que nous devons malgré tout évoluer et c’est en s’accrochant à nos certitudes que le bonheur est accessible. Aussi embrumé puisse être l’esprit, la douce odeur du bacon qui caresse des narines ainsi amadouées avant que ne se pose sur une langue réceptive une tranche de cette viande prisée au goût irréprochable ne peut qu’apporter le bonheur même là où le soleil ne brille jamais.

Considérations piétonnières

Posted in Conscientisation, Jeunesse corrompue, Placement de produits, Société contemporaine, Technologies, Tranche de vie with tags , , , , , , , on septembre 14, 2009 by DarK Rémi oF DooM

Dans la plupart des grandes nations civilisées de ce monde, aux abords des rues de la ville comme du village, sur les ponts et près des parcs, l’outil premier du piéton averti est le trottoir. Ce sentier de béton permet aux êtres pourvus de jambes et/ou de fauteuils roulants de circuler en toute sécurité et sans contraintes dans ces milieux urbains hostiles où se disputent quotidiennement divers véhicules motorisés, cyclistes excités, patineurs marginaux (MAIS OÙ EST LA GLACE!?) et petits animaux mésadaptés. Depuis plusieurs dizaines d’années, des ingénieurs réputés et des travailleurs assidus travaillent de pair afin d’offrir au monde l’apogée en matière de trottoirs; que ce soit le traditionnel trottoir de ciment, le trottoir pavé ou la passerelle en bois, tous les pieds y trouveront leur compte! Il est toutefois un facteur qui, indépendamment de la qualité du trottoir (les synonymes du mot « trottoir » sont bien rares, j’en ai peur), demeure problématique: sa largeur.

Obstacle commun

Obstacle commun

Lorsque je favorise mes chaussures à ma voiture ou mon vélo, j’utilise les infrastructures mises en place à cet effet et je suis constamment à l’affut de mon environnement afin d’éviter de percuter une porte, un banc, un enfant, un « pogo ball », un vieux téléviseur, une scie à chaîne, un tournevis plat, un étalon ou tout autre obstacle indésirable et imprévu. Soucieux du bien-être collectif, j’applique même certaines règles éthiques très personnelles telles que la circulation à droite (le klaxon étant souvent mal interprété). Conducteur émérite, je sais que la vie serait plus simple si les piétons circulaient de façon structurée, comme sur les routes (théoriquement), au lieu d’errer lamentablement tels des mouches en quête de bouses éparses. Que ce soit sur le trottoir le plus anodin ou dans un centre commercial dont l’allée principale est d’une largeur impressionnante, les gens trouvent toujours le moyen d’être extrêmement désagréables dans leur façon d’agir et n’ont aucunement conscience qu’ils sont dans un milieu public et qu’ils interagissent, volontairement ou non, avec les individus qui le peuplent.

Ayant précédemment fait mention de la rage au volant qui m’anime parfois, je ferai ici l’éloge de la rage piétonnière. Lorsque je marche tranquillement, m’adaptant malgré moi au rythme lent de la foule, profitant du soleil, il arrive qu’un voile rouge s’abatte devant mes yeux ébahis tandis que mes poings se serrent alors que quelqu’un derrière qui je gambadais innocemment s’arrête brusquement et demeure sur place sans considération pour le char d’assaut humain que je suis, ni d’ailleurs pour les millions de personnes qui me suivent. Vivement que l’on empale ces malotrus, doublés de ceux qui discutent en groupe en utilisant tout l’espace disponible, sans oublier ceux qui ne regardent pas où ils se dirigent, préférant regarder leurs amis laids (tant qu’à être hostile). Il y a aussi ceux qui, utilisant un trottoir standard, marchent en plein milieu en prenant bien soin de rendre difficile tout passage d’un côté comme de l’autre, sans oublier les adeptes de planches à roulettes et autres moyens de locomotion requérant un effort physique qui croient que le fait de ne point posséder de moteur rende légitime leurs actes téméraires alors qu’ils zigzaguent à toute vitesse entre les cônes humains. Il me tarde de voir l’un de ceux-là percuter violemment une porte ouverte à la volée… ou un marteau de guerre.

Tandis que tous sont prompts à s’insurger contre leurs semblables pour des raisons toutes plus pertinentes les unes que les autres, une forte fraction sont coupables des crimes contres lesquels ils militent bruyamment. Dans ce cas ci, le piéton contre lequel je vocifère présentement est probablement le vieil effronté qui tourna à droite sur un feu rouge (où il était d’ailleurs interdit de tourner à droite en tout temps) tandis que le passage pour piétons était activé. Ce responsable de tous les maux est d’ailleurs probablement le père de l’adolescent suintant et odorant qui, dans l’autobus, prenait toute la largeur de l’allée déjà encombrée en ne prenant pas la peine de retirer son immense sac à dos et qui, la veille, n’a pas laissé sa place à une vieille dame. Au souper, ils discuteront du vieil hurluberlu qui roulait à 40 kilomètres/heure avec sa Chevrolet Impala blanche (seul un être humain HORRIBLE pour oser posséder une Chevrolet Impala blanche) et de cette vieille dame sans scrupules qui est tombée sur l’ado, lui faisant échapper son iPhone qui, heureusement, n’a pas été endommagé. TOUT LE MONDE EST COUPABLE! Évidemment, je ne fais pas partie de « tout le monde ».

David Bowie

David Bowie

L’erreur étant humaine, de tels actes irréfléchis peuvent survenir même avec les intentions les plus pures. Accidents malheureux obligent, les politesses d’usage sont ensuite requises. Ceci dit, les statistiques (étudiées par mes bons soins et dépourvues de fondements acceptables) démontrent que les ignobles mécréants qui marchent lentement en plein centre du trottoir avec leurs gigantesques sacs d’épicerie ballottant de chaque côté n’ont pas tendance à s’excuser outre mesure lorsqu’ils se font dépasser par la rue et/ou insulter vivement tandis qu’ils devraient normalement tomber à genoux et supplier que l’on épargne leur misérable vie pour cet affront. À tous ces impolis du trottoir je souhaite de sombrer dans le bourbier de l’éternelle puanteur.