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Pharmacologie 101

Posted in Conscientisation, Placement de produits, Société contemporaine, Tranche de vie with tags , , , , , , , , on septembre 27, 2010 by DarK Rémi oF DooM

La santé étant une préoccupation prioritaire de la société nord-américaine contemporaine, il n’est pas anormal de constater que les tablettes de nos pharmacies regorgent aujourd’hui de capsules, sirops, suppositoires et autres médicaments dont le nombre de modes d’insertion n’a d’égal que le nombre de marques disponibles. Bien que le pharmacien, conseiller du défaillant et ami prisé de la personne âgée, soit habituellement disponible pour répondre aux diverses interrogations du consommateur, ce dernier, que ce soit par malaise physique ou psychologique, préfèrera habituellement se fier à l’emballage du remède prisé pour ensuite s’exiler vivement. Mes parents m’ayant habitué au fait que Tylenol est synonyme de guérison, je vis aujourd’hui dans la confusion lorsque vient le temps de combattre les symptômes anodins relatifs à la grippe, au rhume et à la gangrène. Fort, extra fort, douleurs arthritiques, sinus, congestion nasale, pour la nuit ou pour le jour, ne sont là que quelques exemples des options offertes. Les dernières années ont-elles vu naître toutes ces possibilités ou ai-je plutôt vécu dans la douce ignorance jusqu’à l’âge adulte? Pourquoi me contenterais-je d’un acétaminophène standard quand je peux en avoir une version ultra puissante à saveur de caviar? Les marques génériques sont-elles aux médicaments ce qu’elles sont aux céréales; une piètre tentative d’atteindre la gloire du produit original à moindre prix? Mais où se cache Carmen Sandiego? Tant de questions et si peu de réponses.

Combo typique 2

Combo typique

Évidemment, la plupart de ces questionnements peuvent être aisément résolus par l’intervention d’un professionnel de la santé. Quelles que soit la science à la source de ces produits, le but demeure toutefois de guérir vite et bien car l’individu moyen n’a pas le temps d’être malade et/ou il trouve tout simplement ça inconfortable au point de vouloir se départir rapidement du mal qui le ronge. Comme dans la plupart des sphères de notre existence, il s’agit généralement de payer pour se soulager. Plus on paie cher, plus il est aisé de régler ses problèmes. Pour les problèmes physiques, on retrouve la massothérapie, l’acupuncture ou la chirurgie plastique; pour les problèmes psychologiques, il y a la psychologie et/ou la toxicomanie. Les maux sont nombreux et les remèdes infinis. Il est donc légitime de croire que les ressources, face à un mal commun, soient aussi expéditives, mais il n’en est rien. La clé du succès ne réside que trop souvent dans le repos, l’ingestion d’eau, l’écoute de chants de baleines et, si le cœur vous en dit, l’ingurgitation confiante de substances médicamenteuses. Lorsque l’on investit dans une solution, surtout lorsque l’on y met le prix, on s’attend à ce que ça fonctionne vite et bien mais la pilule ne peut agir seule.

Geneva 2

Gin Geneva

Victime d’un rhume déplaisant, je me suis donc souvenu que la guérison existait avant l’avènement des pharmacies et que, bien que des gens mourraient d’infections que l’on juge aujourd’hui banales, des antidotes mystiques avaient été développées. Ces cures miraculeuses, aujourd’hui en voie de disparition, sont toutefois prisées par les initiées et c’est pourquoi j’ai décidé de les explorer. Désireux de joindre l’utile à l’agréable, ma mémoire me suggéra une concoction que mon grand-père affectionnait tout particulièrement: la ponce de gin. Grâce à cet outil fabuleux qu’est l’Internet, il me fut aisé de trouver le mélange adéquat de ce breuvage que l’on pourrait qualifier de « recette de grand-mère ». En voici donc la composition:

  • 1/4 de tasse de gin (de marque Geneva selon l’ordre québécois des recettes de grand-mères)
  • 1 once (25 ml) de jus de citron
  • 1 cuillère à thé de miel
  • 2/3 de tasse d’eau bouillante

Les recettes varient légèrement et certains suggèrent l’ajout d’un clou de girofle ou de gingembre râpé mais je préfère personnellement augmenter la dose de gin pour un résultat optimal. Ce coquet cocktail a donc pour effet de redonner la joie de vivre à son récipiendaire tout en l’incitant éventuellement à dormir. Je déconseille donc l’utilisation de cette technique au travail. Il suffit donc d’ingérer, dormir et recommencer au besoin. Il faut toutefois prendre garde de ne pas continuer le traitement après la guérison; il est si facile d’y succomber.

Loin de moi l’idée de dénigrer la médecine moderne, ne serais-ce que parce que je suis entouré de professionnels de la santé compétents dont je respecte l’opinion et la scolarité mais je persiste tout de même à croire que, de nos jours, nous nous fions beaucoup trop aux sciences, aux statistiques et à divers produits de consommation dont nous ne connaissons concrètement rien de la nature. Indépendamment des écoles de pensées, des études poussées et des entreprises spécialisées, il ne faut pas oublier les enseignements de nos ancêtres qui ont vécu par leurs propres moyens et qui ont su développer des méthodes fiables. Dans un monde difficile où les rigueurs de la ferme et de la forêt n’offraient pas de répit et alors que leur subsistance même en dépendait, ces hommes et ces femmes du passé ont toujours pu compter sur l’alcool fort pour passer à travers ces journées de dur labeur.