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Veuillez nous contacter par téléphone

Posted in Conscientisation, Société contemporaine, Tranche de vie with tags , , , , , , , , , , , on janvier 28, 2015 by DarK Rémi oF DooM

Je n’aime pas parler au téléphone. Je n’aime pas être mis en attente au téléphone. Je n’aime pas être contraint de passer de longues minutes au téléphone. Je n’aime pas devoir prendre des notes sur une feuilles de papier pendant que je parle au téléphone parce qu’il m’est difficile de retenir l’information pertinente qui m’est communiquée oralement. Je n’aime pas la confusion et le manque de clarté engendrés, lors de conversations téléphoniques, par une mauvaise qualité du son ou par l’incapacité mon interlocuteur(trice) à parler adéquatement, que ce soit à cause d’un accent ou par l’utilisation d’un vocabulaire laissant place à l’interprétation. Je n’aime pas non plus le manque de certitude relatif à une simple confirmation vocale qu’il m’est impossible de consulter à nouveau par la suite pour en valider le contenu. J’aime communiquer par courriel. J’aime que l’information échangée par courriel soit datée et puisse être imprimée. J’aime aussi le fait que je puisse consulter un courriel et n’y répondre que plus tard en pouvant prendre mon temps pour composer une réponse adéquate et bien en structurer le contenu. J’aime que la communication écrite ne comporte pas d’accent, de voix agressante, de musique d’attente. J’ai envie d’appliquer la punition du goudron et des plumes à quiconque me demande par courriel de l’appeler pour plus de renseignements.

Derrière ce visage angélique et ce regard vide se cache un monstre.

L’ennemi

De nos jours, la plupart des particuliers, organismes et compagnies possèdent un site Web et/ou une présence sur les réseaux sociaux. Il est généralement possible de contacter ces groupes et individus par l’intermédiaire de messages directs et par courriels via différents supports informatiques, dans l’espoir de recevoir de l’information ou certaines clarifications sur certains détails flous. Il m’apparaît simple, lorsque je m’informe de la sorte, de recevoir une réponse. Il m’arrive pourtant beaucoup trop souvent de me faire répondre, lorsque je contacte une entreprise par courriel, qu’il serait préférable que j’appelle afin de parler avec quelqu’un. POURQUOI? Pourquoi offrir l’option aux clients et futurs clients de communiquer par écrit lorsque la réponse fournie invite systématiquement l’utilisateur à appeler un vil conseiller? Il n’y a pas de place à la discussion, au débat, a l’élaboration ou à la négociation lorsqu’il ne s’agit que de partager de l’information. Dans quel contexte est-il plus facile ou clair de dire que d’écrire quoi que ce soit? À moins que je ne me trompe, les même mots sont disponibles à l’oral qu’à l’écrit. Je m’attends bientôt à ce que mon libraire m’offre une liste de numéros de téléphone sans frais afin que je contacte un spécialiste qui se fera un plaisir de me lire Le Parc Jurassique.

Je crois être confronté à une horde déficiente d’hommes et de femme d’affaire qui ont compris que le Web était crucial dans leur stratégie mais qui croient encore que le téléphone incarne l’outil ultime de communication. Comme si les gens avaient envie de parler à un inconnu condescendant, souvent dans un contexte émotionnel fragile où le besoin initial de support/réponse est relié à un problème, afin de passer plusieurs minutes/heures/années à se faire prendre pour un imbécile dépourvu de toute logique pour finalement être amené au bord de la folie et insulter (activement ou passivement) l’inconnu en question qui, faussement outré, se défend d’être indigne de vivre et raccroche après avoir mentionné qu’il ne mérite pas d’être traité de la sorte. Peut-être ces gens sont-ils analphabètes. Peut-être sont-ils en fait emprisonnés au Cambodge et n’ont pas accès à une connexion Internet, permettant ainsi à leur « employeur » de sauver de l’argent. Je ne connais pas la raison derrière cette obsession du téléphone, je ne connais que ma haine du phénomène.

Cette illustration d'un coquet narval m'aide à me calmer pendant que je relis ces lignes.

Un joli narval

Comme si le fait de devoir appeler à un numéro sans frais et d’être torturé psychologiquement par un système complexe de répartition téléphonique automatisé aux options nombreuses et sujettes à interprétation, il faut souvent interagir avec des gens qui parlent mal. Que ce soit une question de débit, de volume, de vocabulaire, d’accent ou de timbre de voix, il m’apparaît essentiel qu’un individu dont le travail consiste à parler au téléphone ait la capacité d’accomplir sa tâche avec succès. Je trouve fantastique qu’un immigrant travaille pour faire vivre ses 3 femmes et 11 enfants grâce à Bell Canada mais, tout comme je ne veux pas dans ma vie d’un artilleur aveugle ou une gardienne d’enfants pédophile, je ne peux tolérer un téléphoniste qui ne sait pas parler.

La semaine prochaine, toujours dans le cadre de l’année internationale du mépris des gens mauvais dans le contexte de métiers simples, je m’en prendrai aux jeunes emballeurs d’épicerie et aux camelots.