Archive pour Noël

Conte de Noël

Posted in Conscientisation, Récit épique, Récits fabuleux with tags , , , , , , , , , on décembre 14, 2010 by DarK Rémi oF DooM

Le vent du nord soufflait inlassablement, depuis plusieurs jours, alors que la neige inondait un ciel d’acier. Le soleil s’était éclipsé à la veille de l’hiver pour ne plus jamais revenir et la lune furtive ne contribuait qu’à diffuser quelques ombres sinistres lorsque les nuages daignaient en laisser filtrer une froide lumière. À la fin de l’automne, en cette forêt sans nom, le chant des oiseaux s’était tu pour ne laisser place qu’au cri strident des corbeaux. Ce sont d’ailleurs à ces cris hargneux que se joignirent les pleurs de ceux et celles qui retrouvèrent les corps pendus de leurs enfants aux abords de la forêt, en ce jour fatidique qui vit aussi disparaître l’astre solaire. Nombreux furent ceux qui, depuis, empruntèrent l’unique chemin sillonnant ces bois obscurs en quête de vengeance mais nul ne revint pourtant. C’est d’ailleurs sur ce même chemin, couvert d’une neige épaisse, que se dessinaient, l’espace d’un instant avant d’être balayées par la tourmente, les traces d’un vieil homme qui avançait avec peine. Les épaules voutées, s’appuyant lourdement sur une canne grossière, le vieillard évoluait lentement. À quelques reprises il se sentit observé mais il était difficile, même en plissant les yeux, de discerner quoi que ce soit au milieu de cette tempête. Déterminé, il persista.

Immobile, le prédateur était à l’affut. Attendant patiemment la proie qu’il avait devancée quelques moments plus tôt, il était une fois de plus déçu que nul héros ne se soit manifesté suite aux abominations précédemment perpétrées par ses bons soins. Berçant quelques rêves de gloire, l’assassin aurait aimé ajouter au nombre de ses trophées une figure de renom mais ces terres éloignées n’offraient guère mieux que quelques fermiers et, au mieux, des chasseurs compétents. Avec un peu de chance, cette vieille carcasse que l’âge risquait d’emporter avant que ne s’abatte sa lame était peut-être le grand-père d’un héros quelconque qui viendrait à son tour chercher la justice pour ne trouver que le dernier repos. Qui que soit cet individu et indépendamment de son arbre généalogique, il devait maintenant mourir. Le sang devait couler et c’est pourquoi l’étrange coutelas de l’assassin anonyme allait bientôt mordre la chair de son impuissante victime.

Dissimulant un rictus carnassier derrière un masque de velours ivoirin ne dévoilant que des yeux brillants de folie, le rôdeur fondit sur cette énième victime, anticipant déjà le repas chaud qu’il allait ensuite pouvoir déguster. Alors que s’enfonçait jusqu’à la garde la dague fatale dans la silhouette voutée, le malfrat qui la tenait fut surpris de rencontrer si peu de résistance. Constatant qu’il ne venait en fait de ne pourfendre que l’air revêtant un manteau, il sentit une légère pression sur ses tempes alors que sa tête effectua, bien malgré elle, un pivot de cent quatre-vingt degrés. Sa dernière vision fut donc cette d’un homme colossal, torse nu, dont la musculature impressionnante jurait avec son visage souriant orné d’une épaisse barbe blanche. Un rire tonitruant parvint aussi brièvement à ses oreilles avant que son corps ne soit bercé par la neige et que sa vie le lui échappe.

Récupérant son manteau troué et s’emparant de l’arme de son assaillant, Adjutor le Jovial reprit la route, cette fois avec un pas vif puisqu’il n’y avait plus personne à berner à proximité. Apercevant des vautours étonnamment persistants qui tournoyaient dans le blizzard, il s’engouffra ensuite dans la forêt, quittant la sécurité relative que lui procurait la route, afin de découvrir ce que signifiait ce sombre présage. Vétéran des neuf guerres de Twökzarzöz et pourfendeur du Ghearifhü, le héros au cœur pur évoluait à travers les arbres tel un orignal en rut, soucieux d’annoncer sa venue aux ennemis potentiels. S’approchant de plus en plus de son objectif, il ne fut donc pas surpris de déceler la présence de vigiles. Dégainant la hache runique du roi des géants de Jotunheim, il décapita d’une simple flexion du poignet le premier garde, ce qui alerta immédiatement les autres, qui se précipitèrent vers le nouvel arrivant tel un seul homme, encapuchonnés et armés de knouts. Bien que les couinements douteux qu’ils émettaient en se battant furent plutôt désagréables, Adjutor ne se laissa pas distraire et brandit sa hache avec force, coupant en deux le premier offenseur et décapitant prestement le second. Plus prudents les vingt-neuf autres lascars encerclèrent le champion des opprimés et prirent soin d’éviter la lourde hache, espérant essouffler celui qui venait de trancher trois des leurs. Remarquant leur stratégie, le bucheron festif projeta sa hache vers un hostile luron pour ensuite abattre avec dextérité son point sur le visage d’un ennemi situé derrière lui. S’attendant à rencontrer un visage humain ainsi caché par les capuchons des ennemis, le fléau des rongeurs de Tchwarznök fut surpris d’écrabouiller le museau de ce qui s’avérait être un survivant de la peuplade oubliée des hommes-ratons! Leur subterfuge étant mis à jour, les créatures délaissèrent donc leurs armes et vêtements afin d’attaquer avec griffes et morsures mais il était trop tard. Les yeux injectés de sang, Adjutor fut envahit par la rage du berserker en se rappelant d’une tragique aventure où il fut dépouillé de ses victuailles par les ignobles ratons. Lorsqu’il reprit conscience, il surmontait une montagne de cadavres, n’étant que légèrement blessée et constatant qu’une femme nue était couchée près de lui, agrippée à sa jambe. Cette dernière lui révéla qu’elle avait été capturée par ces ignobles mammifères omnivores, lesquels lui lançaient hargneusement des miettes de pain alors qu’elle était ligotée à une chaise de piètre facture. Ce furent malheureusement ses dernières paroles avant qu’elle ne fût emportée par l’hypothermie. Ému, Adjutor l’enveloppa d’une toison d’or et la lança dans le soleil afin qu’elle soit purifiée.

Lorsqu’il parvint enfin à rejoindre le lieu survolé par les volatiles précédemment observés, le barbare triomphant fut sidéré d’y trouver un arbre titanesque et verdoyant duquel émanait une aura mystique teintée de rose qui pulsait étrangement. S’approchant suspicieusement de l’abomination à l’apparence végétale, le sauveteur des orphelins de Gorthoth fut alerté par son instinct de conquérant lorsque plongèrent vers lui les vautours présumés qui n’étaient autres, en fait, que de vils ptéranodons! Alors que son regard perçant suffit à carboniser la première créature ailée, il fit jaillir d’une mystérieuse besace un glorieux trébuchet qui lui permit d’anéantir les mesquins attaquants en leur projetant des projectiles glacés. Rangeant ensuite sa machine de guerre et se concoctant un préhistorique ragout afin de regagner ses forces, le vengeur triomphant s’approcha à nouveau de l’arbre qui était en fait un formidable tentacule qui jaillissait impétueusement d’un vortex cosmique dont l’illusoire apparence végétale fut révélée par l’œil flottant d’Arzinorxät qui revêtait lui-même l’apparence illusoire du pompon de la tuque d’Adjutor.

Alors que ce dernier s’apprêtait à trancher net sa répugnante découverte, le vortex s’agrandit pour laisser place à un bipède reptilien vêtu de blanche fourrure siégeant dans un traineau volant enflammé tiré par des étalons squelettiques. Rejoignant les cieux à une vitesse fulgurante, la bête écailleuse fit appel à ses pouvoirs abyssaux afin de projeter vers le vaillant héros d’infâmes sphères ténébreuses. Déviant in extremis les pernicieux projectiles avec l’aide de son bouclier forgé dans les flammes sacrées du volcan de Krilpzäk, le défenseur de la veuve et de l’orphelin s’apprêtait à sauter vers son rival mais des appendices interstellaires étaient apparus là où les projectiles sphériques avaient heurté le sol et retenaient maintenant au sol l’homme velu et circonspect, libérant à son contact des spores empoisonnés. Fier de sa déshonorable stratégie en voyant s’écrouler au sol son opposant, l’antagoniste écailleux sauta de son traineau, tombant des nues avec sa lance acérée pointée vers le cœur du vieil homme. Contre toute attente, sa lance se brisa en pénétrant le corps inerte de l’hominidé agonisant, faisant jaillir des étincelles de la plaie au contact d’un cœur bardé de fer. Projeté au sol, médusé, l’homme-serpent vit se relever Adjutor l’Immortel alors que se liquéfièrent les pédoncules qui le retenaient. Figé par la peur, l’archimage intergalactique attendit une fin qui ne tarda point à se manifester lorsque le poing ganté de blanc du barbu rieur s’abattit contre son faible crâne, faisant jaillir le contenu de son crâne sur un arbre voisin.

Puisqu’aucune menace le lui barrait plus la route, le brutal champion arracha de sa source stellaire le tentacule géant qui se flétrit aussitôt, alors que des tréfonds infinis de l’espace jaillit une indescriptible tonalité monstrueuse que nulle absence d’air ne saurait faire taire. Faisant appel à la foudre divine, Adjutor pulvérisa le membre fraîchement arraché avant de s’afférer à clore la porte d’où provenait cette abomination. Utilisant les connaissances acquises auprès des nains sauvages de la tribu de Böldötök, le versatile guerrier procéda à la mise en place d’un rituel secret impliquant l’ingestion de bière ainsi que des chants grivois dans une langue oubliée qui lui permirent de parvenir, heureux, à ses fins, rompant par le fait même le maléfice qui avait chassé le soleil. Une fois sa mission accomplie, il découvrit que c’est en fait le sang des victimes innocentes qui permettait d’alimenter le portail spatio-temporel dont la dimension était directement liée à la force vitale disponible, n’ayant jusqu’à maintenant permis aux cultistes néophytes de ne faire passer en cette dimension qu’un unique tentacule de leur divinité.

Après avoir pris possession des fourrures immaculées du feu reptile, Adjutor s’en fit de chauds habits qu’il teint avec le sang des victimes de cette folie afin de se rappeler la nature de sa quête, ne laissant en blanc que les bordures de ces morbides vêtements, symboles de la pureté qui endiguait la calamité. Se tournant ensuite vers le véhicule hétéroclite du cadavre dénudé, il s’en empara et le conduit dans le soleil, l’esprit de la jeune femme purifiée contribuant à rompre le maléfice qui liait le chariot à ce monde, le transformant en traineau de platine alors que les macabres montures firent changées en rennes volants. Retournant vers ses amis nains pour leur faire part de sa récente aventure et de ses tristes appréhensions, Adjutor parcourut ensuite le monde afin de repousser les forces du mal, développant par le fait même une forte panse à force d’ingérer les quantités de bière nécessaires à la réalisation de rituels fabuleux. Les nains de Böldötök devinrent éventuellement perçus comme des lutins artisans et Adjutor adopta le nom de Père Noël, s’occupant essentiellement des enfants, mais ceci est une autre histoire…

Les hordes démoniaques

Posted in Conscientisation, Fête, Société contemporaine with tags , , , , , , , , , , on décembre 18, 2008 by DarK Rémi oF DooM

Le temps des fêtes; ce moment de l’année où nous propageons de beaux messages d’amour et d’alcoolisme tout en prenant des résolutions pour la nouvelle année à venir et où nous tentons d’être de meilleurs êtres humains que pendant le reste de l’année. Quelle ironie du sort que c’est aussi à ce moment que les gens sont les plus déficients, déplaisants et inaptes en société. Tandis que chacun s’efforce de bien paraître auprès de sa famille et ses proches, le citoyen moyen devient une la source d’une haîne féroce de la part de ses semblables du même acabit. 

Lobo aime Noël

Lobo aime Noël

D’une part, tandis que le temps passe somme toute normalement, sans anicroches particulières et que les oiseaux cessent tranquillement de gazouiller à l’approche des temps froids, les sbires du Malin se préparent à festoyer car l’hiver est porteur de la plus populaire des fêtes chrétiennes : Noël. Les commerces se remplissent, les stationnements sont bondés, les klaxons retentissent et les blasphèmes fusent parce que tout le monde conduit mal, que la température est merdique et que « l’esti avec le pick-up noir prend deux parkings ». Il eut été facile pour tout le monde d’éviter tout celà avec un peu de préparation mais NON, il fallait que tous y aillent en même temps. En quête de merveilleux cadeaux, le client moyen horripilera probablement beaucoup plus de gens qu’il ne fera réellement plaisir. Sachez, rustres impolis, que ce n’est pas de la faute des autres et encore moins des pauvres travailleurs si vous avez été trop imbéciles pour vous y prendre à l’avance pour faire vos cadeaux. Un peu d’empathie, je vous prie. 

Quel moment magique. Le pire étant passé, les gens se réunissent et festoient gaiement. Tout va bien mais NON! ARGH! « Boxing Day ». Une fois de plus, tout le monde sait comment ça sera, à quel point il y aura trop de monde, qu’il fera chaud, qu’il n’y aura pas de stationnement, que ce sera déplaisant, que les aubaines seront merdiques et qu’au mieux on pourra peut-être trouver un truc dont on n’a nullement besoin parce que tout le monde s’est précipité en premier sur les téléviseurs HD et les jeux vidéos. Avec un peu de chance, le truc neuf le plus utile à se procurer sera un pare-choc. 

Je suis tout-à-fait d’accord avec le message de bonté qui émane de Noël entant que fête d’amour et de compassion mais faites votre deuil, amis croyants et Hommes de bonne volonté car Noël est un mouvement de masse et le meilleur moment de l’année pour les commerces. Parlez-en au type qui s’est fait piétiner à mort dans un Wal-Mart aux États-Unis. Le seul réel plaisir de ce temps des fêtes est que la plupart des gens sont en vacance en même temps et que ça permet d’abuser des bonnes choses de la vie et de voir amis et membres de la famille que l’on ne voit que rarement. Trinquez à fond, laissez votre voiture dans le stationnement de la salle des Chevaliers-de-Colomb et profites de beaux moments de festivités mais au diable le reste! Les belles intentions de cette époque de l’année en sont en fait qui devraient être appliquées en tout temps.

Oh, j’oublais; le hobo sur le coin de la rue fait la même chose avec votre argent que pendant le reste de l’année, donnez-lui donc un sandwich emballé dans un papier rose Hello Kitty.

The Last Christmas

The Last Christmas

P.S.  Je n’ai pas employé le nom de Jésus dans cet article traitant de Noël.