Pris la main dans le sac

Dans ce monde vaste et hostile que nous habitons, l’évolution a fait en sorte que l’être humain a proliféré au point de peupler l’ensemble des régions habitables. S’adaptant à sa contrée d’origine et à son climat, changeant de génération en génération afin de survivre, l’Homme en vint ainsi à changer physiologiquement, puis psychologiquement relativement à sa situation géographique et aux réalités de son existence, ce qui fit en sorte que les liens qui unissent notre espèce sont forts mais que de puissantes barrières furent inévitablement érigées entre les différents peuples qui naquirent à travers les âges, instigatrices de guerre et dissension, de racisme, d’intolérance, d’incompréhension. Bien que la société moderne civilisée tende à inciter les différentes ethnies à converger vers un tronc politique et moral commun, les différences entre les peuplades demeurent vives et doivent être assumées. Il existe toutefois des similitudes entres les individus qui peuvent contribuer à l’unité lorsqu’exploitées dans un cadre spécifique. Le simple fait de partager des besoins primaires semblables est d’ailleurs déterminant dans cette quête d’unité. À  travers ces affinités naissent, entre autre, l’amour et la sympathie mais aussi une mesquine logique révélatrice des faiblesses exploitables chez les autres car nous les partageons. C’est d’ailleurs de cette logique que naquit la torture, exemple flagrant de ce que l’on peut accomplir par la souffrance, possédant tous une certaine conscience de la douleur physique, pouvant ainsi l’exploiter chez les récalcitrants. C’est aussi dans ce contexte que l’on parvient à ressentir, en quelque sorte, la douleur lorsque celle-ci se manifeste chez un individu, par la simple pensée de ce que cette douleur pourrait engendrer chez nous. Il suffit de penser à tous ces vidéos montrant des inconnus qui, souvent dans le cas de gestes imbéciles, sont victimes de diverses blessures devant la caméra, suscitant l’hilarité mais aussi une certaine compassion devant le mal subit. C’est ainsi que, lorsque l’on fait un jour face à un article relatant l’histoire d’un homme ayant ingurgité ses propres testicules, nous sommes changé à jamais (cette réalité s’appliquant majoritairement aux individus de sexe masculin).

Balls

Argh.

Il est tout d’abord important de mentionner que l’aspect potentiellement fictif de cette révélation a peu d’importance, du moment que l’esprit troublé du témoin innocent de cette calamité image l’ampleur du geste et spécule à l’effet que, dans un univers rongé par le vice, cette histoire douteuse, même si elle dégage une forte odeur de canular, n’est probablement qu’une caricature d’un nombre impressionnant d’histoires horribles mettant en scène une poêle à frire, de l’huile d’olive et des organes génitaux. Indépendamment du fait que le geste, dans ce cas spécifique, soit posé en vue de procéder à l’acte difficilement compréhensible qu’est le changement de sexe, contribuant d’ailleurs an mépris généré à l’encontre du fin gourmet, il faut bien comprendre la symbiose qui unit un homme à son organe reproducteur. Initialement à l’usage exclusif du département sanitaire, le pénis, chez l’enfant, ne fait office que d’outil essentiel à l’accomplissement de vidanges régulières et le sac qu’il surplombe ne suscite guère plus de réflexion que la présence de mamelons. C’est généralement entre 5 et 7 ans que se manifeste explicitement, pour le jeune homme, la symbiose précédemment mentionnée, à un moment qui coïncide généralement avec l’apprentissage du vélo. Lorsque survient le premier impact entre le scrotum et son contenu avec une tige métallique, l’homme en devenir, alors qu’il s’affaisse, comprend immédiatement l’importance de prendre bien soin de cette partie de son anatomie, sentiment qui ne fera que décupler avec les années, atteignant son zénith avec l’avènement de la sexualité.

PeterNorth

Homme sidéré

Sachant cela, il est donc beaucoup plus aisé d’imager la tragédie à l’idée de remédier de façon permanente à la présence réconfortante de ces vaillants compagnons. Cet exemple représentant l’aspect physique de la problématique, il y a maintenant deux facteurs psychiques principaux à prendre en considération: manger des testicules et manger SES testicules. Tout d’abord, le désir d’ingurgiter quelque membre que ce soit d’un être humain relève du cannibalisme qui, de manière générale, est proscrit. Bien que plusieurs fassent chaque jour l’éloge de la chair tendre d’un bébé, allant même jusqu’à dire « Il est à croquer! » ou « Je le mangerais tout cru! », il ne s’agit souvent qu’une façon détournée d’être marginal ou de lancer un signal de détresse évoquant un mal de vivre profond. Pour ce qui est de se nourrir du fruit de sa semence, le fait de manger quelque partie de son corps que ce soit est fortement déconseillé, à moins d’être essentiellement constitué de bacon. L’être humain étant un organisme complexe dont les diverses parties, abstraction faite de l’appendice qui ne fait office que de loterie mortellement douloureuse, ont un rôle spécifique, le fait de vouloir se départir de l’un de ces morceaux est un indice certain de dégradation cérébrale, surtout lorsque l’amputation est effectuée en vue de l’ingestion subséquente de la venaison ainsi générée. D’un point de vue biblique, je soupçonne que le fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal n’était autre qu’un testicule divin, d’où la colère de Dieu ainsi que le sentiment ultérieur de souillure ardente chez Adam, décidant par la suite de masquer sa propre aumônière, Ève n’en faisant autant que pour l’imiter. Toujours dans un contexte spirituel, on peut présumer que l’esprit testiculaire est liée à son pendant phallique, l’ingestion des couilles impliquant donc d’avoir une verge éthérée en plein visage. À titre de preuve, nous pouvons constater la mollesse du sexe mâle lorsque dépourvu d’escarcelles, ce qui un symptôme évident de l’absence d’âme à ce niveau.

Que ce soit dans un contexte d’homo-cannibalisme ou d’auto-cannibalisme à connotation homo-érotique (aussi connu sous le nom de « cannibalisme masturbatoire »), cette pratique est donc proscrite et passible et condamnable par l’homme moyen. Qui plus est, à l’instar de l’expression populaire « Ce met titille mes papilles gustative de par son fort goût d’excrément. », l’instigateur de ces propos, lorsque mentalement sain, ne fait qu’une référence métaphorique au goût potentiel de la substance fécale, ne faisait que présumer que la substance fécale, initialement reconnue pour son arôme particulier, doit offrir un bouquet tout aussi peu appréciable. Bien entendu, il existe en ce triste univers des êtres répugnants qui préfèrent une défécation sur le torse à un bol de croustilles, au même titre d’autres éprouvent peut-être une certaine satisfaction malsaine à l’idée de mastiquer un testicule après l’avoir préalablement cuisiné avec tendresse mais c’est une idée qui suscite en moi une vivre réprobation, d’autant plus que le supplice classique de la castration par élastique (« élastique à bœuf ») n’affecte en rien celui qui aspire à ingurgiter les derniers vestiges de sa masculinité. Je recommanderais, à titre d’intervention physique hostile, le retrait de toutes les dents d’un tel personnage afin qu’il soit voué à mâchouiller futilement les restes sanglants de son ultime coït à l’aide de ses mâchoires fraîchement meurtries.

8 Réponses to “Pris la main dans le sac”

  1. Pierre-luc Says:

    hahahah esty de Rémi

    tu en rate jamais une pour nous étonné

    j’aime vraiment se que tu écrit (testicule divine xD )

    Longue vie a tes article quui mes du bonheure dans mes yeux !

  2. Je crois que la photo de Peter North, l’homme sidéré, est particulièrement satirique dans le contexte de ce texte savoureux.

    Il est très clair que, bien que tous les goûts se retrouvent dans la nature, certains de ces dits goûts ne sont certes pas représentatif de ce qu’on entend par cette expression. Il y a, c’est une évidence de le dire après avoir lu ton texte, un grand avenir d’assurer à tous les psys et autre thérapeutes de ce monde!

  3. Pis les filles qui avalent?

  4. @Pierre-luc: J’utilise au meilleur de ma capacité les idées farfelues qui hantent mon esprit troublé. Je suis heureux que tu apprécies toujours même si je ne suis plus vraiment en mesure de t’en faire bénéficier de vive voix. 😉

    @lebarbareerudit: Je dois avouer que je suis particulièrement fière de cette illumination relative à mes connaissances modérées du domaine fabuleux de la pornographie populaire.

    Pour ce qui est des perturbations psychiques qui polluent notre univers axé sur une normalité généralement relative à la majorité, je dois dire que c’est un bon moment pour quiconque aime l’école de se lancer dans des études poussées afin de devenir psychologue ou psychiatre. J’aurais bien aimé avoir la motivation requise pour acquérir ces compétences et ainsi guérir le monde mais je continuerai de me contenter de diffuser ma sagesse à petite échelle grâce à ce modeste portail ainsi que par la force de ma virile voix.

    @Doom: Biens que ces gouteuses de renom ne doivent généralement pas avoir beaucoup de difficulté à combler leur besoin, elles sont vouées à une amère déception face à ces bienfaiteurs de la démographie.

  5. @ DR of D

    Merci encore de ce prélude à une autre nuit remplie de rêves innocents…

    «mes connaissances modérées du domaine fabuleux de la pornographie populaire.»

    Seraient-elles immodérées dans le domaine de la pornographie impopulaire ?

    « la force de ma virile voix»

    Est-ce que deux mots féminins consécutifs s’annulent pour devenir masculins ?

  6. @Darwin: C’est un plaisir répété pour moi que de contribuer au bien-être de mon lectorat. Côté pornographie, je n’entretiens aucune alternative à mes connaissances sommaires actuelles. Je laisse aux autres le soin de sombrer dans la déviance pour ensuite m’en faire part et susciter en moi le besoin mettre par écrit mes réflexions. Pour ce qui est de cette vilaine manie d’analyser le genre des mots employés, je n’y adhérerai pas. 😛

  7. @ DR of D

    «Pour ce qui est de cette vilaine manie d’analyser le genre des mots employés, je n’y adhérerai pas.»

    Ne t’inquiète pas, c’est fini, j’ai fait le tour (bien installé dans ma tour d’ivoire…), je pense ! 😉

  8. @Darwin: Je n’oserais pas te brimer dans tes élans grammaticaux mais je n’encourage simplement pas cette habile manœuvre qui aurait eu tôt fait de déstabiliser les plus faibles d’entre nous.

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